06 Déc Des gros pains et des jeux
À Draguignan, l’Hôtel départemental des Expositions du Var (HDE Var) offre un prélude aux Jeux Olympiques de Paris 2024 avec son exposition Défis et sports, de l’Antiquité à la Renaissance.
Le sport, c’est vieux. Parce qu’une fois passée l’étape chasseur-cueilleur lors de laquelle nos vénérables ancêtres coursaient les mammouths avec leur lance, le turbulent Homo sapiens s’est retrouvé avec un surplus d’énergie à dépenser qu’il fallait bien canaliser. Alors certes, il y avait toujours la guerre qui permettait de garder un peu son cardio intact, mais dans le genre efficace, on n’a pas inventé mieux que le sport et les compétitions qui l’accompagnent. Et si on peut y rajouter un peu de politique, de culture et de religion, on a de quoi se créer un environnement explosif que symbolisent à la perfection les premiers Jeux Olympiques de la Grèce Antique.
Déjà à l’époque, les très sages Hellènes avaient compris que quitte à se taper dessus entre Cités-États, autant le faire dans un cadre ritualisé et bien organisé. Les Romains l’avaient eux aussi bien assimilé et les Jeux du Cirque étaient une occasion idéale de divertir le peuple et d’orienter sa passion brûlante vers un exutoire défini. Les courses de chars romaines étaient le prétexte pour les citoyens de littéralement s’écharper dans les rues entre différents camps, avec un enthousiasme à faire pâlir de jalousie un hooligan britannique. Plus tard, le Moyen Âge nous a donné l’aboutissement ultime de l’équilibre entre raffinement et bourrinage via les joutes des chevaliers. Des bals, de la dentelle, de l’honneur et deux types recouverts d’acier qui se foncent mutuellement dessus en tentant de s’empaler. Encore une manière de canaliser via le sport les rivalités, cette fois-ci entre nobles.
Enfin, les nouveaux Jeux Olympiques ressuscités par Coubertin ont été l’occasion pour les pays de gagner pacifiquement du prestige à l’époque des courants nationalistes grandissants. C’est cette Histoire passionnante qui est explorée via plus de 160 œuvres (sculptures, tableaux, armures, bas-reliefs, psykters, manuscrits, kylix, amphores, strigiles, lampes à huile…) lors de l’exposition Défis et sports, de l’Antiquité à la Renaissance qui s’ouvrira le 16 décembre, et sur laquelle nous reviendrons dans notre prochain numéro. Labellisée Olympiade culturelle Paris 2024, elle entend explorer le rôle du sport dans la société antique et médiévale. « Car le sport est, et a toujours été, un objet extrêmement important et attractif, culturellement parlant« , soulignent Jean-Paul Thuillier et Sébastien Nadot, les commissaires de l’exposition.
Cerise sur le gâteau, aucun effort réellement sportif ne sera demandé au public lors de l’exposition. Car n’oublions pas les sages paroles de Churchill, lorsqu’un journaliste lui demandait le secret de sa longévité : « Le sport ! Surtout, jamais de sport !«
16 déc au 24 mars, Hôtel départemental des Expositions du Var, Draguignan. Rens: hdevar.com
photo: Statue du pugiliste au repos, Rome, début du Ier siècle av. n. è., bronze, h. 128 cm; l. 62 cm; prof. 108 cm, Rome, Museo Nazionale Romano, Palazzo Massimo (Italie), 1055