Paul, la plage & les peintres

Paul, la plage & les peintres

C’est un travail de longue haleine que présente actuellement la Villa Noailles, une commande faite en 2018 au photographe Paul Rousteau, par le directeur du site hyérois, Jean-Pierre Blanc.

Parfois la création est brusque et peu patiente, son processus s’établit alors en quelques semaines, quelques jours, voire quelques heures, pour déboucher sur une œuvre finie ne nécessitant pas d’ajustement tant l’euphorie créatrice a tout emporté sur son passage. Tandis que, d’autres fois, l’œuvre se construit, s’inscrit et s’élabore dans le temps long, un temps étalé, réparti sur plusieurs années, des dizaines d’années. Durée nécessaire au tassement du propos, à son expression la plus fidèle à la vision initiale de l’artiste. C’est cela dont il est question ici, d’un travail nécessitant du temps, intimement lié à lui, tant son sujet est estival et s’inscrit dans la récurrence. L’exposition Paul, la plage & les peintres, présentée à la Villa Noailles à Hyères, est le fruit d’un travail de commande artistique réalisé par le jeune photographe français Paul Rousteau, dont les images, aux frontières de l’abstraction et de l’art sacré, révèlent la quête profonde de l’artiste : «sublimer le visible pour dévoiler l’invisible». Cette œuvre a vu son temps de création s’étaler sur cinq années, de 2018 à 2023, et prendre place sur le littoral de la commune d’Hyères, littoral à la longueur marathonienne de 42km. Tout un symbole pour un travail d’endurance. 

L’artiste a souhaité être accompagné par des peintres – qui se sont succédés chaque année : Florent Groc, Diane Dal-Pra, Marion Bataillard, Thomas Levy Lasne, Jules Magistry, Jean Claracq, James Della Negra, Marcos Carrasquer – pour briser la solitude de sa résidence et faire dialoguer les arts, mélanger les regards. Inspiré par le livre Les Grandes Vacances de Robert Doisneau, Paul Rousteau a voulu livrer sa vision du bonheur, en couleur. Moment attendu par tous, les vacances à la plage sont ici sublimées par la vision originale et inventive du photographe se jouant des limites du médium et abusant nos perceptions. Entre illusions d’optique et abstraction, les photos de l’artiste donnent à voir un monde rêvé aux couleurs vivantes et vibrantes, une sorte de temps flottant en une réalité faite de paysages idylliques, de corps dénudés et de formes arrondies, tout cela entremêlé de peintures des artistes ayant partagé cette même atmosphère durant un été. Une occasion de s’y replonger, en attendant qu’il revienne…

Jusqu’au 10 mars, Villa Noailles, Hyères. Rens : villanoailles.com
photo : Vue de l’exposition Paul Rousteau – Villa Noailles © Luc Bertrand