Blick Bassy, au fil de l’eau

Blick Bassy, au fil de l’eau

Blick Bassy sera en concert et participera à une Journée consacrée à l’eau, le 10 février prochain à Draguignan.

Au Théâtre de l’Esplanade, conférences, stands et débats feront s’écouler cette Journée consacrée à l’eau qui s’achèvera par le concert de l’artiste camerounais Blick Bassy. Cette sensibilisation aux problématiques liées à l’eau, proposée par l’association Colibris83, aura débuté la veille par la projection du film documentaire La Rivière de Dominique Marchais, suivie d’un débat en présence du chanteur, producteur, guitariste et percussionniste. Le documentariste au travail atypique s’attache, dans sa dernière œuvre gratifiée du Prix Jean Vigo, à suivre la vie des gaves, ces rivières souterraines qui dans le Béarn ruissellent des Pyrénées jusqu’à l’Atlantique. On y découvre les modifications induites par l’activité humaine et le combat de quelques locaux pour en conserver la vie naturelle et essentielle. Entre ces fléaux que sont inondations et sécheresses induisant l’assèchement des nappes phréatiques, la compréhension de ces phénomènes et la possibilité d’agir au plus vite devraient être la première des priorités. Le samedi 10 février sera ensuite l’occasion de se poser des questions et d’échanger autour de stands et d’une table ronde animée par la Directrice de la Maison Régionale de l’Eau, Karine Viciana

Quant au final de cette journée, qui d’autre que Blick Bassy pouvait en être le plus logique porte-parole ? Écrivain, auteur-compositeur et musicien à la discographie sérieuse, notamment Akö et 1958 sortis sur le très bon label No Format, son 5e et dernier opus dévoilé l’an dernier s’appelle Màdibà, ce qui en langue bassa veut dire « eau ». L’artiste africain signe avec ce disque une poésie contée de sa voix haute et angélique où l’eau occupe une place centrale et où ses mots coulent sur des productions très éthérées. Une musique au croisement de la soul, de la folk et de l’électro, où de délicates mélodies de guitare et de synthé se marient à de sobres arrangements de cuivres, épousant à merveille son timbre vocal… Les 12 chansons de l’opus réunissent des personnages qu’incarne tour à tour le chanteur. « Je m’y amuse à entrer dans la peau d’un oiseau, d’un chat qui converse avec un éléphant, d’une fleur qui s’inquiète de sa beauté déclinante, d’un singe à la recherche d’une source ou d’un conteur auprès de ses petits-enfants. Dans ces textes, l’eau peut même y prendre une apparence humaine. »

Une occasion idéale de bien s’informer avant de bien profiter ; mais aussi de rapprocher deux éléments presque aussi indispensables à la vie sur Terre : l’eau pour notre corps et la culture pour notre esprit.

10 fév, Théâtre de l’Esplanade, Draguignan. Rens : theatresendracenie.com

photo : Blick Bassy © Gabriel Dia