« La musique est un lien pour se connecter à l’universalisme »

« La musique est un lien pour se connecter à l’universalisme »

Considérée comme l’une des plus grandes pianistes de sa génération, la venue de Shani Diluka en concert solo à Mougins, le 9 février, devrait faire date.

Les superlatifs concernant la musicienne ne sont pas usurpés. Entre ses deux cultures, occidentale et orientale, dont la diversité et le contraste la marqueront à jamais, cette artiste souvent qualifiée de musicienne « hors norme » mène une incroyable carrière internationale où elle défend avec virtuosité un vaste répertoire dans la transmission et l’exigence. Et les critiques de tous bords, qui ne s’y trompent pas, louent sans réserve son talent. 

« La musique est un lien pour se connecter à l’universalisme, une manière divine de se connecter à la beauté des choses, c’est un questionnement spirituel auquel tous les grands compositeurs se sont confrontés, de Bach à nos jours« , déclarait-elle au micro de France Inter, en mai dernier, lors de la sortie de son dernier album Pulse. C’est donc par la musique que Shani Diluka entretient cette relation au monde et au cosmos, sans doute acquise très jeune par son double lien entre le Sri Lanka, terre de ses parents, et la Principauté de Monaco, où elle est née en 1976. Enfant prodige repérée dès l’âge de 6 ans, grâce à l’académie créée par la Princesse Grace de Monaco, elle donne son premier récital à 9 ans, joue en première partie d’un concert d’Hélène Grimaud à 12 ans, puis remporte le 1er prix à l’unanimité au CNSM de Paris. Plus tard, elle devient lauréate de grandes fondations de musique classique. À 16 ans, elle fait le tour du monde, accompagne les plus grands : Maria Joao Pires, Murrhay Perahia, Nicolas Angelich, Léon Fleisher… D’ailleurs, le festival de la Roque d’Antheron n’oublie pas de la graver aux côtés des Berezovski, Engerer et autres Pennetier sur ses compilations Best of en 2007 et 2008.

Sa carrière est aussi prolifique qu’éclectique. On comprend à la lecture de son parcours que ce regard transversal qu’elle porte sur des siècles de musique et les Arts, apporte une lecture et une interprétation jubilatoires dans une époque où la norme semble tout emporter. Aussi à l’aise avec Beethoven, Mendelssohn ou Edvard Grieg qu’avec des ragas indiens, ou des compositeurs d’aujourd’hui tel Bruno Mantovani, dont elle a créé cinq Pièces pour Paul Klee, elle a consacré un album à Proust regroupant tous les compositeurs aimés par l’écrivain et apparaissant dans La recherche. Tout aussi fascinant est son voyage au cœur de l’Amérique des compositeurs minimalistes, du jazz et de l’électro, où se croisent Philip Glass, John Adams, Bill Evans, Terry Riley, Keith Jarrett mais aussi Moondog et Daft Punk. Éprise de poésie, elle publie deux recueils, Canopée et Les silences de Schubert, réalise aussi des livres disques pour enfants autour de Chopin et de Babar avec Nathalie Dessay, des visites en centre pénitentiaire, des concerts autour du monde, des masterclass…

À Mougins, cet artiste insatiable va interpréter ses compositeurs classiques favoris : une sélection de pièces lyriques d’Edvard Grieg (Arietta, Au printemos, Notturno et Marche des Trolls), les sonates Pathétique et Au Clair de Lune de Ludwig van Beethoven, et Auf dem Wasser zu singen, célèbre lied de Schubert, transcrit au piano par Franz Liszt.

9 fév, Scène55, Mougins. Rens: scene55.fr

photo : Shani Diluka © Liliroze