Quand Parme rime avec ses charmes…

Quand Parme rime avec ses charmes…

Parfums de violette, saveurs conjuguées de son Parmesan et de son jambon, ondes sonores de sa Casa del Suono et présence de Verdi dans la magnificence de son Opéra ainsi que la beauté visuelle de son architecture – autant de sens convoqués pour écouter battre le cœur d’une ville. Suivez-nous à la découverte de Parme.

Parme, qui fut en 2020 Capitale italienne de la Culture, agit déjà par la seule évocation de son nom et de ce qui s’y rattache. Avec par exemple le souvenir de Stendhal et sa mythique Chartreuse dans l’espace d’une ville et de sa région, dans le tumulte et les intrigues des suites des guerres napoléoniennes. C’est alors Fabrice Del Dongo, personnage picaresque ballotté entre l’absurde et l’héroïsme, qui l’observe de sa prison entre un destin contrarié et des amours tragiques sous la plume ironique du romancier.

L’histoire de Parme, comme celle de l’Émilie-Romagne, s’inscrit dans son architecture avec une parfaite synthèse de toutes ces cités italiennes dans leur aspect monumental, leurs rues sinueuses répondant à la majesté des avenues et des arcades, les places ouvertes sur des ruelles animées. Et dans le ciel s’y détachent les courbes d’un baptistère, les arêtes et les lignes de la Cathédrale, édifice roman dont l’histoire remonte au XIe siècle, ou celles du Palais de la Pilotta qui date du XVIe siècle.

Cité médiévale dans laquelle l’empreinte romane côtoie le gothique ou le baroque, Parme témoigne aussi d’un passé plus récent parmi les heures glorieuses ou douloureuses de son histoire. Au Palazzo Pigorini, une exposition photographique des archives Amoretti relatait cette période moderne de 1922 jusqu’en 1997. Tout commençait alors par une ville qui se barricade face à l’avancée fasciste, et qui résistera, et qui ne tombera pas. Les photos suggèrent l’attente et l’angoisse, et plus tard, la dictature de Mussolini puis les bombardements qui défigurèrent une partie de la ville avant la libération et l’industrialisation nouvelle de l’Italie.

Palazzo Ducale all’interno del Giardino Ducale © DR

C’est pourtant l’agriculture qui reste le socle de l’économie de Parme avec sa relation à la gastronomie. On y produit un vinaigre balsamique particulièrement travaillé durant au moins 12 ans, un jambon dont la production remonte au XIIIe siècle quand on utilisait le sel des collines avoisinantes. Le prosciutto di Parma, contrôlé par une appellation d’origine contrôlée depuis 1996, est désormais l’orgueil de la ville tout à l’égal du célèbre Parmesan. Compagnon inséparable des pâtes italiennes, ce fromage à pâte pressée, produit à partir de lait de vache, accompagne une multitude de recettes et demande d’être affiné au minimum pendant 12 mois. Dans son Decameron, Boccace évoque déjà ce Parmigiano Reggiano dès 1348 comme une montagne sur laquelle le peuple se gaverait de macaroni !

Ville de culture, Parme l’est profondément non seulement par sa richesse architecturale autant que par l’empreinte laissée par ses artistes. Parmigianino, dit Le Parmesan, y naquit en 1503 et son œuvre reste l’une des plus marquantes de la Renaissance italienne et du maniérisme. Le Corrège y vécut aussi et ses peintures sont visibles à la Galerie Nationale où elles voisinent avec une délicate ébauche de Léonard de Vinci et une étonnante sculpture de Canova pour la subtilité du travail sur le marbre tour à tour dans son aspect brillant ou velouté dans une représentation tout en drapés de Marie Louise d’Autriche, seconde épouse de Napoléon. Les fresques du Corrège ornent également la Chambre de San Paolo, la cathédrale et l’église de San Giovanni.

Mais c’est aussi dans sa tradition musicale que Parme rayonne. Verdi y vécut et chaque année un festival honore son nom dans un superbe Opéra d’or et de pourpre. C’est aussi à Parme que naquit Toscanini. Pourtant la recherche acoustique s’inscrit aussi dans une démarche résolument contemporaine dans la Casa del Suono et La Casa della Musica avec sa collection de supports de reproduction musicale et ses audacieuses expérimentations technologiques.

Dans ce fil du temps lorsque la ville apparaît en bordure de la Via Emilia, sur laquelle s’organise la colonisation romaine, Parme s’épanouit ensuite sous les influences de l’Église et de la famille Farnese jusqu’à aujourd’hui où, placidement, elle continue à distiller toute son énergie et tous ses charmes.

Rens: ccinice.org – parmawelcome.it – visitezitalie.fr

photo: I salumi tipici della Provincia di Parma © DR