L’amour triomphe de la mort ?

L’amour triomphe de la mort ?

C’est en tous les cas le propos final de l’un des chefs-d’œuvre de l’art lyrique, Orphée et Eurydice de Gluck, opéra en trois actes, qui sera donné au Liberté de Toulon, dans une mise en scène de Pierre Audi.

Qui ne connait pas l’histoire de ces deux amoureux, Orphée, jeune artiste, souvent représenté avec une lyre, avec la belle Eurydice, piquée par un serpent au lendemain de ses noces. C’est là que débute l’opéra de Gluck, lorsque les dieux apitoyés par la douleur du jeune homme, l’autorisent à descendre rechercher sa jeune épouse aux Enfers où il devra, par ses chants, faire céder les divinités pour qu’ils l’autorisent à ramener Eurydice dans le monde des vivants. Mais il y a une condition à cette résurrection : qu’en remontant vers la lumière, il ne se retourne pas. Bien sûr, Orphée finit par céder aux implorations d’Eurydice, qui s’inquiète de la disparition des sentiments de son époux, et il se retournera.

À l’inverse du mythe grec, qui se termine par la perte définitive d’Eurydice, Gluck a fait le choix d’un dénouement poétique et heureux : émus par l’amour des deux héros, les dieux redonnent vie à Eurydice. C’est la version d’origine qui a été choisie pour cette production, celle de 1774 jouée au Théâtre du Palais-Royal en français, une version qui met en valeur le texte, dépouillée des ornements chers à l’opéra italien de l’époque et ouvre la grande époque de l’opéra français. Et pour défendre ce livret exigeant : la production du Mai Musical Florentin réunit sur le plateau les chanteurs Michele Angelini dans le rôle d’Orphée, Hélène Carpentier dans celui d’Eurydice, et Emy Gazeilles qui chante l’Amour, accompagnés d’une troupe de danseurs et du chœur Vox 21. L’Orchestre de l’opéra de Toulon sera dans la fosse, dirigé par Jean-Christophe Spinozi, directeur de l’Ensemble Matheus, associé à la production. « Orphée et Eurydice est une histoire ouverte et doit être vécue différemment par chaque auditeur, à mesure que nous nous identifions aux leçons de cette tragédie humaine moderne passionnante et transformatrice« , conclut Pierre Audi, qui a fait le choix d’une mise en scène qui renvoie au monde d’aujourd’hui.

6 au 10 mars, Théâtre Liberté, Toulon. Rens: operadetoulon.fr – chateauvallon-liberte.fr

photo : Orphée et Eurydice © Michele Monasta-Maggio Musicale Fiorentino