Odyssée musicale en terre britannique

Odyssée musicale en terre britannique

Nouveauté de cette saison : Arlucs Symphonique, c’est la possibilité de vivre un concert symphonique au plus près des musiciens de l’Orchestre national de Cannes, dans l’intimité de l’Auditorium des Arlucs. À cette occasion, la phalange dirigée par Benjamin Levy propose un périple en trois étapes de l’autre côté de la Manche.

Si aujourd’hui la perfide Albion est incontestablement une grande terre musicale, il fut un temps pas si lointain, au XIXe siècle, où elle était qualifiée de « Land ohne Musik« , pays sans musique… À cette époque, les artistes allemands, autrichiens, italiens et français occupaient « la tête des charts ». Difficile à imaginer pour une contrée ayant engendré les Beatles, les Rolling Stones, David Bowie, Led Zeppelin, Black Sabbath, Iron Maiden, Oasis, Amy Winehouse… On pourrait en remplir des pages ! Mais auparavant, la musique classique anglaise aura toutefois imposé son empreinte avec des compositeurs comme William Byrd au XVIe siècle, Henry Purcell et Georg Friedrich Haendel (et encore, lui, est né Allemand !) au XVIIe, avant de connaître un trou d’air jusqu’au tournant du XXe, et l’avènement des Edward Elgar, Ralph Vaughan Williams et autres Benjamin Britten.

Ces deux derniers seront d’ailleurs à l’affiche de l’Odyssée anglaise, les 7 et 10 mars, en compagnie du chef Pavel Baleff et de la violoniste Alena Baeva. Venu au monde le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens, Britten grandit au sein d’une une famille de mélomanes, et les musiciens de passage dans la région séjournent alors chez eux. Au contact de ces artistes, le jeune Britten s’adonne très tôt à la composition. D’ailleurs, il n’a que 20 ans lorsqu’il imagine sa Simple Symphony que le public pourra entendre. Vaughan Williams est quant à lui septuagénaire lorsqu’il entame l’écriture de sa Cinquième Symphonie, que la phalange cannoise interprétera. Une œuvre où plane l’aura de son ancien professeur, un certain Ravel. Bien que le monde soit alors en guerre, il n’en paraît pourtant rien dans cette œuvre où prédomine un sentiment de sérénité.

C’est plutôt une sensation d’allégresse qui qui triomphera lors du second concert, le 16 mars, pour le Saint Patrick’s Concert, rendez-vous hommage au saint patron de l’Irlande qui, pour l’anecdote, aurait vécu deux ans sur l’île de Saint-Honorat à Cannes ! Musiques traditionnelles y croiseront des œuvres de John Kinsella, Hamilton Harty et Ernest John Moeran, interprétées par un ensemble de musiciens solistes de l’orchestre azuréen. Quant à la Sérénade britannique, les 18 et 21 avril, elle offrira une relecture d’œuvres de Britten et Elgar, en miroir du Concerto en mi mineur de Chopin.

Odyssée anglaise, 7 & 10 mars • Saint Patrick’s concert, 16 mars • Sérénade britannique, 18 & 21 avr. Auditorium des Arlucs, Cannes. Rens: orchestre-cannes.com 

photo : Benjamin Levy & l’Orchestre national de Cannes © Mathieu Chatonnier