Toi, ma mère

Toi, ma mère

À la mort de sa mère, Delphine de Vigan se lance dans le projet d’écrire un livre qui la raconterait, de son enfance à la naissance de ses propres enfants. Adapté à la scène par la Comédie-Française, Rien ne s’oppose à la nuit – Fragments est présenté à Monaco et à Châteauvallon.

Depuis sa publication en 2011, Rien ne s’oppose à la nuit a connu un succès phénoménal. À travers les lettres, les photos, les mots des amis et de la famille, Delphine de Vigan raconte sa mère et sa maladie mentale dans un roman cathartique, exprimant le deuil de celle qui a inspiré son écriture.  Au départ, l’autrice française s’était catégoriquement opposée à une adaptation de son roman, réfractaire à l’idée de voir sa mère jouée par une autre et ses souvenirs d’enfance se matérialiser sur scène. Mais l’enthousiasme d’Elsa Lepoivre, de la Comédie-Française, et la finesse de sa lecture ont su la faire changer d’avis. Une décision aussi motivée par le choix de Fabien Gorgeart à la mise en scène, dont Delphine de Vigan avait aimé le travail sur la pièce Stallone, et avec qui elle collabora pour l’adaptation de son roman Les Gratitudes.

Ensemble, les deux femmes ont sélectionné (non sans difficulté) des fragments du livre et réussi à faire passer les 500 pages du roman à une cinquantaine pour la pièce. Le texte, Elsa Lepoivre le connaissait déjà très bien, et pour cause : elle avait incarné la narratrice pour une adaptation radiophonique sur France Inter quelques années auparavant. Un récit qui lui collait donc déjà à la peau. Seule en scène, elle incarne ici Lucile ou plutôt « l’espace mental derrière cette forme réaliste« , dit-elle, afin de mettre de la distance et éviter tout voyeurisme. Il n’est pas question d’étaler la déchéance d’une femme mais d’explorer l’intimité des choses. Pour la mise en scène, Fabien Gorgeart opte pour un dispositif épuré suggérant que l’autrice se projette à la fois dans un espace mental avec ses souvenirs et un espace de travail, agrémenté d’archives, de films et de photos de famille.

Adaptation intime sur l’amour que porte une fille à sa mère, Rien ne s’oppose à la nuitFragments est une pièce qui rend justice au texte original avec fidélité et douceur.

12 mars, Théâtre Princesse Grace, Monaco. Rens: tpgmonaco.mc
16 & 17 avr, Châteauvallon, Ollioules. Rens: chateauvallon-liberte.fr

photo : Rien ne s’oppose à la nuit – Fragments © DR