Notre monde banal, instantané

Notre monde banal, instantané

À Nice, la galerie du Musée de la photographie Charles-Nègre consacre une exposition à Frédéric Pasquini, artiste, directeur artistique, photographe de presse, photographe de plateau pour le cinéma, et lauréat de nombreux prix de photo en France depuis 20 ans. 

Présentée du 29 mars au 23 juin, elle rassemble des images de 2007 à aujourd’hui, un instantané de nos sociétés de loisirs, militantes, grouillantes, où nos connaissances et cultures sont convoquées, dans un manège où nous avons pris place sans y avoir prêté attention.

La force de ce photographe du détail est de saisir des moments de hasards combinés, des situations qu’il trouve comiques, poétiques, symptomatiques, avec un regard vif, burlesque et tendre. Il a fait le choix pour cette exposition de sélectionner 100 photographies, dans une balade à travers les continents et les coins de rue, où ses « sujets » anonymes pourraient bien être vous ou moi.

Souvent de nuit, alors que les villes continuent de s’agiter, en pleine campagne pour capter la magie d’une communion entre humains et nature, lors de manifestations qu’il suit de près au fil de l’actualité, il nous embarque et témoigne. On reconnaît un monde de fête, de fantaisie, de consommation, de déclin, de colère, de labeur et de combat. Notre monde banal, instantané. Chacune de ses images est titrée, datée, localisée. « Et c’est en découvrant les cent titres de chacune de ses images que nous suivons pleinement sa démarche et achevons de comprendre la scène et son sens. […] Ce qui fait verbe, c’est cette balade que notre esprit nous impose, parcourant l’image à la recherche d’un contexte, d’un mouvement, d’un indice« , commente Christine Parasote, dans le texte de l’exposition.

Ce voyage mental nous est offert parce que Pasquini bat le pavé, des collines sauvages aux carrefours des villes avec, qu’elles apparaissent ou se devinent en creux, la présence humaine et sa trace. Sans doute son expérience de directeur artistique d’une agence de communication a-t-elle aiguisé et amusé son œil. Un regard qu’il décline depuis 10 ans désormais, avec la chorégraphe Magali Revest au sein de la Cie Zootrope, faisant dialoguer image fixe et mouvement, à la recherche de rencontres sensibles avec le public. Le duo déploie des temps d’expositions, des spectacles, des ateliers et des performances, comme celle du 29 mars, jour du vernissage de l’exposition 100 Titres, où elle se produira avec le poète Tristan Blumel. Une occasion de voir le réel en mouvement, que Pasquini ne manquera pas de capter. Nous non plus.

29 mars (vernissage 18h30) au 23 juin, Galerie du Musée de la photographie Charles-Nègre, Nice. Rens: museephotographie.nice.fr

photo : Martin P. Tribute, Jurmala, 2022 © Frédéric Pasquini