Un festival de spectacles pour le Palais

Un festival de spectacles pour le Palais

D’année en année, et de l’automne au printemps, les soirées du Palais des Festivals à Cannes réservent de belles surprises. Entre théâtre, danse, cirque, comédies musicales, concerts, humour, ou encore musique classique, ce sont près de 50 rendez-vous qui attendent le public lors de la saison 2024-2025.

Même s’il connaît son apogée pendant une dizaine de jours au mois de mai lorsque le monde entier n’a plus d’yeux que pour son tapis rouge et les stars qui l’arpentent, le Palais des Festivals de Cannes demeure un véritable poumon culturel tout au long de l’année, grâce à ses multiples évènements et manifestations. Les artistes sont toujours plus nombreux à fouler les scènes du Grand Auditorium ou du Théâtre Debussy pour le bonheur d’un public qui répond largement présent à une programmation qui conjugue diversité et qualité. Dès le mois d’octobre, quand les jours commenceront à raccourcir, les soirées s’illumineront avec une sélection de pièces pour rire ou frissonner, de la musique d’hier et d’aujourd’hui pour fredonner, des spectacles pour s’étonner et de la danse pour s’évader. 

Les modernes et les classiques

C’est en musique que se fera l’ouverture de la nouvelle saison avec MC Solaar et son Lueurs Célestes Tour. Celui qui a donné au rap français une nouvelle dimension, à la fois poétique et positive, revient avec un nouveau projet qui se déroule sous forme de triptyque suscitant autant la curiosité que l’impatience. Les rendez-vous avec la chanson française s’égrèneront au fil des mois avec notamment le spectacle Un homme, une femme… à la française qui permettra de redécouvrir le répertoire de Piaf, Montand et bien d’autres. Le temps passera sans s’en rendre compte, et voilà que Pascal Obispo célèbrera avec le public ses trente ans de carrière, tandis que Thomas Dutronc poursuivra avec talent le chemin tracé par son Jacques de père. Puis, surviendra la jeune génération qui renversera les codes à l’image du Crash cœur d’Eddy de Pretto.

Du côté de la musique classique, l’Orchestre national de Cannes offrira plusieurs pages remarquables à commencer par la Symphonie concertante de Mozart qui nécessite de faire appel à des solistes d’exception, car il s’agit de les faire dialoguer avec l’orchestre, dans l’esprit d’une conversation joyeuse. La phalange cannoise a également imaginé, entre autres, des soirées dédiées à Johannes Brahms ou Gustav Mahler, invitera le trompettiste Ibrahim Maalouf ou célèbrera L’amour sans fin, le 14 février.

Les trois coups sont frappés

De l’amour justement, avec Michèle Laroque et Grégoire Bonnet en quête du plus exaltant des sentiments dans la pièce de Fabrice Roger-Lacan, La porte à côté. Mais le théâtre ouvre aussi la voie à l’exploration du comportement humain de façon pertinente. Preuve de la qualité des pièces accueillies à Cannes, plusieurs d’entre elles ou bien leurs interprètes, sont nominés aux Molières 2024 tel Le Huitième Ciel de Jean-Philippe Daguerre, Denali, suspens surprenant et captivant de Nicolas Le Bricquir, Le repas des fauves d’après Vahé Katcha, Big Mother, le thriller journalistique de Mélody Mourey, ou L’effet Miroir de Léonore Confino. 

L’humour sera bien sûr au rendez-vous, avec Amanda Lear dans le rôle d’une milliardaire aussi odieuse que machiavélique ; L’argent de la vieille, mis en scène par Raymond Acquaviva, est la promesse d’un savoureux moment de franche comédie. Du rire aussi avec Marius qui est l’occasion de rappeler que son auteur, Marcel Pagnol, disparaissait il y a 50 ans. Une adaptation authentique puisqu’elle a été confiée à un Marseillais pure souche, Frédéric Achard. 

L’envol de la danse

Placé sous la direction artistique de Didier Deschamps, le Festival de danse – Cannes Côte d’Azur va connaître une nouvelle étape. Imaginé sous forme de biennale, il deviendra annuel au terme de sa prochaine édition. Pour assurer cette période de transition, deux week-ends sont consacrés à la création chorégraphique. La Malpaso Dance Company, installée à La Havane, offrira une soirée en trois temps au cours de laquelle les danses traditionnelles qui illustrent A dancing Island d’Osnel Delgado se confronteront avec un enthousiasme égal aux techniques contemporaines d’Ohad Naharin ou de Mats Ek. La Göteborgsoperans Danskompani proposera de retrouver deux fortes personnalités artistiques : la Canadienne Crystal Pite au style unique et le français Yoann Bourgeois dont le travail à mi-chemin entre l’acrobatique et le chorégraphique provoque l’émerveillement. Le Ballet Preljocaj et la Compagnie de Chaillot – Rachid Ouramdane révèleront deux créations à peine naissantes, tout en beauté et émotions : Requiem(s) et Contre-Nature. La danse s’inscrira également tout au long de l’année, avec des invités prestigieux comme le Ballet National de Marseille – (La) Horde, la Cie Blanca Li, le Théâtre du corps ou Yabin Wang, danseuse exceptionnelle devenue chorégraphe, qui adapte Journey to the West, un monument de la littérature chinoise en une fresque dansée époustouflante. 

Enfin, le Palais poursuit son partenariat avec d’autres théâtres, dont Scène 55 à Mougins, qui accueillera la compagnie de jeunes danseurs Shechter II. Avec From England with Love, le chorégraphe israélien dessinera au travers de sa danse explosive une déclaration d’amour à son pays d’adoption. 

Parmi le nombre de ces propositions, impossibles à citer dans leur totalité, demeurent aussi des rendez-vous immanquables comme Break the floor, le Midem+, le Festival international des jeux, ou encore le spectacle qui célèbre le passage d’une année à l’autre, lequel sera confié cette fois au vainqueur de Danse avec les Stars saison 2, le danseur Maxime Dereymez : Bonne Nouvelle.

Dès le 6 oct, Palais des Festivals, Cannes. Rens: palaisdesfestivals.com 

photo : Compagnie De Chaillot, Rachid Ouramdane – Contre-Nature ©Patrick Imbert

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