Parité sportive, une course d’endurance…

Parité sportive, une course d’endurance…

Les Elles des jeux, exposition temporaire présentée par le Musée National du Sport à Nice, retrace la courte mais complexe histoire du sport féminin, jusqu’au 22 septembre.

Saviez-vous que la première participation officielle des femmes aux Jeux olympiques date de 1912 ? Elles représentaient alors 2 % des athlètes et ne pouvaient participer qu’à deux disciplines. Il faudra attendre 2007 (oui, oui, incroyable !) pour que la Charte olympique rende obligatoire la présence des femmes dans tout sport… Les femmes ont donc mis des décennies – des siècles, si on ajoute les antiques Jeux Olympiques – à faire pleinement accepter leur arrivée dans le mouvement olympique, et plus généralement dans le sport. 

En lien avec les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, Les Elles des jeux raconte sur plus de 500 m² cette évolution aussi bien sportive que sociétale. Aucun détail n’y échappe, et l’on y découvre plus de 130 ans d’histoire de notre société à travers les combats des femmes qui ont marqué l’histoire du sport : dirigeantes, journalistes, auteures, photographes, cinéastes… À commencer par Alice Milliat, qui s’inscrit dans l’une des 6 sections de l’exposition, Elles prennent leur destin en main. Pionnière du sport féminin en France, elle a fondé la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF) en 1917. Elle fut aussi la première à tenter de permettre aux femmes de participer aux compétitions sportives, notamment aux JO, en créant les Jeux Mondiaux Féminins en 1922. Cependant, le milieu du sport féminin est largement critiqué par la presse, entraînant l’interdiction aux femmes de s’aligner au départ du 800 mètres jusqu’en 1960.

Aujourd’hui, leur participation aux JO est significative, malgré des inégalités persistantes. « Il reste encore beaucoup à faire, et cette exposition, comme d’autres projets, permet de sensibiliser sur ce phénomène et sur les inégalités qui perdurent. Les sportives ne sont que trop peu mises en avant par rapport au sport masculin, les dirigeantes sont encore trop peu nombreuses, les disparités salariales demeurent… Atteindre la parité pour les prochains JO serait un signal fort, mais il est important que ce ne soit qu’une étape de plus vers une égalité totale« , nous a confié Marie Grasse, directrice du Musée national du sport. Cependant toute forme d’activité physique est un réel tremplin d’affranchissement pour les femmes. « L’exemple de Caster Semenya, athlète hyper androgène, est particulièrement révélateur des difficultés qui sont encore rencontrées aujourd’hui par les sportives. Pour autant, le sport peut être, il est vrai, un formidable outil de liberté et d’émancipation. Certains exemples, en Iran ou ailleurs dans le monde – voire en France –, nous le rappellent régulièrement. La pratique sportive peut offrir un levier de revendication particulièrement puissant, notamment pour les femmes ou plus généralement, pour les personnes victimes de discrimination. »

Finalement pour ces Elles des jeux, le sport a été synonyme d’émancipation, de revendications et de liberté. Et même s’il subsiste encore de nombreuses zones d’ombres, à Paris cet été, ”pour la première fois, 50 % des 10 500 athlètes engagé.e.s, originaires de 206 pays, devraient être des femmes » !

Jusqu’au 22 sep, Musée National du Sport – Stade Allianz Riviera, Nice. Rens: museedusport.fr

photo : Vue de l’exposition Les Elles des jeux, Musée National du Sport, Nice © DR