30 Oct Le groove hypnothique de Mulatu Astatke
Le jazz ethnique (catégorie floue et souvent galvaudée) a ses stars, et parmi elles Mulatu Astatke, en concert au Carré Sainte-Maxime en novembre.
Compositeur, percussionniste, vibraphoniste, premier africain à suivre les cours de la célèbre Berklee Jazz School de Boston, Mulatu Astatke est l’inventeur de l’éthio-jazz qu’il continue de faire connaître aujourd’hui. Après des études en Angleterre et aux États-Unis, il revient dans son pays où il va commencer à enchanter les nuits d’Addis-Abeba. Et l’on sait tout cela grâce à la magnifique Collection Éthiopiques chez Buda musique, animée par cet inlassable conteur qu’est Francis Falceto. On ferme les yeux, on l’écoute… et nous voici transportés dans les années 70, dans cette ville de rêves aux cabarets tentants. Lumières tamisées, danses langoureuses, on entre de plain-pied au cœur de la plus troublante des mille et une nuits… accueillis par Mulatu Astatke. Les harmonies sont étranges, vaguement américaines, mais flirtant avec le demi-ton et la légère acidité de l’Orient : elles crissent sur un feulement qui vous enrobe, elles entrainent vers des mouvements lascifs et pourtant pudiques et retenus, elles se répètent sans fin, dans une séduction contagieuse et une hypnose fatidique. Le temps disparaît, remplacé par un rythme qui s’enchaine à lui-même. To Know Without Knowing… C’est le titre d’un de ses albums, sorti en 2020, et interprété avec le Black Jesus Experience, qui résume parfaitement cet entre-deux entre l’Ouest post-moderne et l’Est immémorial, entre le savoir-faire acéré et l’intuition de l’instinct.
15 nov, Carré Sainte-Maxime. Rens: carre-sainte-maxime.fr
photo : Mulatu Astatke © Alexis Maryon