30 Oct Scène55, engagée pour la danse
Après y avoir présenté Gernika l’an passé, Martin Harriague, artiste associé à Scène55 cette saison, revient à Mougins avec sa nouvelle création Crocodile.
Artiste au parcours atypique, l’ascension de Martin Harriague est fulgurante. Depuis son entrée audacieuse dans l’univers de la danse, il multiplie les interprétations auprès de chorégraphes de renommée internationale tout en développant une recherche sur sa propre écriture chorégraphique qui lui vaut d’être primé puis sollicité par plusieurs compagnies européennes. Chorégraphe associé de Scène 55, il est également Directeur de la danse de l’Opéra Grand Avignon depuis septembre 2024. Pour autant, son plaisir de danser demeure intact.
Il sera l’interprète de sa propre création Crocodile, en novembre à Mougins, aux côtés d’Émilie Leriche pour un délicat duo amoureux, évoluant sur Canto Ostinato du compositeur néerlandais Simeon Ten Holt, arrangé et interprété en direct par l’Ensemble 0, groupe de musique contemporaine à géométrie variable, dirigé par Stéphane Garin. Martin Harriague met de côté, peut-être le temps d’une danse, ses engagements : on se souvient de Fossile présenté comme un cri d’alarme face à l’urgence écologique, ou de Gernika et sa dénonciation de la violence à travers le souvenir du bombardement de la ville espagnole de Guernica, le 26 avril 1937.
Avec cette nouvelle création, l’artiste apporte de la légèreté dans son répertoire en abordant de manière subtile le thème universel de l’amour. Alors que les deux danseurs semblent évoluer dans la sincérité de l’écriture d’une page amoureuse spontanée, ils répondent en fait à une méthodologie précise développée par le chorégraphe et qui consiste à créer un dialogue tout en respectant une codification très précise. Crocodile fait naviguer sur un océan de bonheur communicatif qui fait du bien.
INSTANTS FUGACES
En parallèle, jusqu’au 1er mars 2025, Scène55 présente Mouvements suspendus, une sélection de photographies de Nathalie Sternalski. Depuis de nombreuses années, on peut la croiser sur la plupart des évènements chorégraphiques majeurs, l’œil rivé à son boîtier afin de capturer une infinité de moments fugitifs, offrant aux danseurs, artistes de l’éphémère, une sorte d’éternité. En parcourant ses clichés, on se surprend à redécouvrir l’intensité d’un geste, l’ampleur d’un mouvement, l’inattendu d’un envol. Cette exposition présente également un versant plus personnel de son travail qu’elle développe dans une dimension très plastique et artistique à travers l’utilisation de procédés anciens tels le mordançage ou la gomme bichromatée.
Crocodile, 15 nov • Exposition Mouvements suspendus, jusqu’au 1er mars. Scène55, Mougins. Rens: scene55.fr
photo : Crocodile © Stéphane Bellocq