Le Jazzophone a 10 ans !

Le Jazzophone a 10 ans !

Pour l’occasion, David Benaroche et son équipe organisent un concert classieux, en compagnie du duo LéNo et de David Amar, le 19 décembre au Théâtre Francis Gag, à Nice.

Cela fait 10 ans déjà que ce trimestriel informe sur la vie du jazz sur la Côte d’Azur et documente son actualité et son histoire. Et ça se fête en musique, bien sûr ! On débutera avec un enfant du pays David Amar, homme-orchestre et vocaliste bien ancré dans un hard bop convaincant et solide. Accompagné de son pianiste Claude Tedesco, il fabrique un son d’aujourd’hui pour faire revivre toute une histoire du jazz, ce que l’on appelait naguère musique churchy, au temps où les audaces du be-bop devenaient une culture populaire.

Puis, en seconde partie de soirée, la scène du Théâtre Francis Gag, haut-lieu des exploits du Nice Jazz Orchestra, accueillera l’un des duos les plus explosifs et précis du jazz contemporain. LéNo, c’est un duo constitué de Leonardo Montana et Arnaud Dolmen, deux hommes qui viennent de loin ! Montana, le pianiste, a grandi au Brésil, puis vécu en Guadeloupe, avant de s’installer dans l’Hexagone. Arnaud Dolmen est d’origine guadeloupéenne et a travaillé la batterie jazz en même temps que les traditions ancestrales de son île, en particulier les tambours Ka. Tous deux se sont fait remarquer parmi les solistes les plus originaux sur la scène du jazz contemporain. 

Leur duo scintillant se renouvelle constamment depuis quelques années et ils proposent aujourd’hui leur nouveau répertoire, sous le nom de LéNo, qui reprend en particulier quelques compositions de Wayne Shorter. Pas parmi les plus connues ou les plus anciennes – celles qu’il a composées pour le quintet de Miles Davis –, mais d’autres qui rendent justice à l’un compositeurs les plus singuliers de cette musique, qui s’est renouvelé jusqu’à la fin de sa vie. Joy Rider est un merveilleux exemple d’un swing qui flotte et se réactive en plein vol : un batteur splendidement mélodique, un pianiste très percussif… les voilà qui jouent à cache-cache, se retrouvent sur des ponctuations dansantes ! Et l’on danse avec eux sur cette puissante légèreté. On peut y retrouver aussi les évocations de Thelonious Monk, avec Zouky Monky qui, sur une rythmique caribéenne, se mêle aux citations d’Evidence : quelques notes, simples en apparence, mais aux syncopes diaboliques ! Tout cela alterne avec des compositions originales aux découpes parfaites qui vous resteront dans l’oreille et se retrouveront dans votre démarche chaloupée une fois le concert fini !

19 déc, Théâtre Francis Gag, Nice. Rens: imagoproduction.com, theatre-francis-gag.org

photo : LéNo © Aurélie Chantelly