Attendre que le soleil revienne…

Attendre que le soleil revienne…

Voilà le titre du dernier album d’Agnès Jaoui, le premier qu’elle chante en français, et qu’elle interprétera à Anthéa le 25 février.

Enfin, Agnès Jaoui chante en français ! Il était temps, et grand temps qu’on s’en avise ! Elle chantait déjà dans des langues parentes – on ose à peine parler de langues étrangères : espagnol, portugais, hébreu, arabe… Celles de ses origines, réelles ou rêvées, par lesquelles elle peut se projeter. Ce n’est pas qu’elle ne les comprenait pas, mais elle les a comprises, après coup – le son arrive avant le sens et on peut s’y installer sans impudeur. 

Après ce petit détour linguistique durant lequel elle aura régalé son public de trois albums, Agnès Jaoui revient, dans son nouvel opus Attendre que le soleil revienne, à sa langue maternelle avec un naturel extrêmement charmant. Un « naturel » étudié, car elle chante comme une comédienne, se faisant diseuse de musique. Mais avec tant de justesse, d’insouciance simulée qu’on s’y laisse prendre dès la première note, grâce à ce timbre candide qui rappelle de loin celui de la regrettée Anne Sylvestre et qu’on accompagne dans ses aigus hésitants.

Agnès Jaoui évoque tour à tour l’occasion manquée, le paysage romantique, la désorientation légère, le souvenir amoureux, le désir naissant… Les mélodies sont simples, nouvelles alors qu’on a l’impression de les avoir toujours connues ; les rimes riches tombent juste comme un vêtement prêt-à-porter miraculeusement ajusté à votre taille. En fond, un accompagnement sans coquetterie – une guitare tranquille, à peine épaulée parfois par une rythmique murmurante. On pourrait se croire au cabaret, à quelques pas de la chanteuse ; on pense qu’elle n’est là que pour vous et elle ne chante que pour elle-même.

25 fév, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

photo : Agnès Jaoui © Carole Mathieu Castelli