28 Jan Belle pêche au Stockfish !
Le Stockfish a pris du lourd dans ses filets pour la deuxième partie de saison : EarthGang et Malik Djoudi, en février, puis Electro Deluxe, Synapson, ou encore Bob Sinclar, pour ne citer qu’eux, se relaieront à Nice sur la scène de la plus petite des grandes salles.
C’est un fait indiscutable : le hip hop a étendu son pouvoir sur toute la planète. Particulièrement sa partie vocale, c’est-à-dire le rap, lequel, pour paraphraser Marco Prince (F.F.F.), « est capable du meilleur comme du pire, mais pour le pire ce sont les meilleurs« . Les rappeurs sont devenus Les Suprêmes, pour reprendre le titre du très bon livre du regretté Antoine Garnier. Ils représentent une force en termes de vente et de production. Pour certains, ils contrôlent même leur business jusqu’à tenir les rênes de leur label. Bref, le rap est désormais international, chaque pays développant sa version propre. Tout du moins, pour ceux qui ne cherchent pas à singer le cousin américain… Idem aux États-Unis, où l’on peut aussi dresser une cartographie des régions et des villes du rap, chacune affichant une tonalité et une couleur bien spécifique. Le son de New York n’est pas celui de la côte Ouest, et celui du Sud profond ne ressemble pas au son de Miami.
Aussi, quand on écoute Perfect Fantasy, le dernier album de EarthGang, on identifie instantanément la marque de fabrique d’Atlanta. Ville qui nous a donné Outkast, Goodie Mob, CunninLynguist, Dungeon Family ou encore Organized Noise, et qui exploite son propre son et ses influences particulières. Un son que l’on retrouve dans le duo formé par Olu et WowGr8, et une musique qui fait résonner le funk, la soul ou le gospel, mais dans laquelle on trouve aussi des éléments de jazz ou de pop. La preuve avec quelques invités sur leur dernier album, dont Pharrell, Ceelo, Little Dragon ou Damon Albarn, qui viennent mêler leur voix à cet assemblage jubilatoire. D’ailleurs, EarthGang a rejoint Gorillaz sur plusieurs dates nord-américaines, et leur nomination aux Grammy les place directement parmi les artistes de rap qui commencent à peser. Pourtant, ce n’est pas sur la scène du Coachella qu’on ira les voir, mais bien dans la plus petite des grandes salles niçoises, le Stockfish, le 7 février 2025, ce qui est en soi un sacré événement pour ce début d’année !
Voilà qui donne le ton pour la suite de la programmation, où l’humour est toujours bien présent (Lilia Benchabane, Édouard Deloignon, Bérengère Krief…). Tout comme la musique, en grande force avec Malik Djoudi qui se produira le lendemain de EarthGang. En mars, l’excellent combo Electro Deluxe et leur Jazz-Funk-Soul redoutable précédera d’une semaine un doublé jazz, avec le trio Emile Londonien, que l’on a vu cet hiver à Monte-Carlo en première partie de Level 42, et le saxophoniste Léon Phal qui, en plus de signer des albums convaincants, est une véritable bête de scène. Signalons aussi la venue de DJ Mosimann et B.B. Jacques en avril, le reggae de Ijahman Levi et Culture, puis le rap de Benjamin Epps, en mai, et pour conclure : Bob Sinclar ! C’est confirmé, l’année 2025 s’annonce encore copieuse au Stockfish.
Détail des dates dans l’agenda du journal et sur stockfish.nice.fr
photo : EarthGang © DR