Aux confins du 7e Art

Aux confins du 7e Art

Du 28 février au 8 mars, au Cinéma Jean-Paul Belmondo à Nice, le 22e festival Cinéma sans Frontières déroulera une programmation riche et variée sur le thème des Confins.

« Les confins, un terme qui évoque immédiatement une terre lointaine, mystérieuse, peu ou mal connue. Mais aussi une limite, une frontière ou un point de bascule, pas seulement géographique« , indique Josiane Scoleri, à la tête de l’association Cinéma sans frontières, qui organise ce festival annuel et propose par ailleurs des projections régulières tout au long de l’année. « Nous nous sommes dit que ce serait un bon thème de cinéma, en essayant d’en explorer justement la polysémie, nous qui sommes, par définition, sans frontière. » Restait à composer un programme attractif et le plus original possible, histoire de coller à l’ambition légitime du projet. À y regarder de plus près, l’objectif est atteint avec brio, grâce à une sélection de projections placées sous le signe de l’audace et de la qualité cinématographique.

Deux films culte ouvriront et clôtureront le festival : L’Éternité et un jour de Théo Angelopoulos (1998), et Stalker d’Andreï Tarkovski (1979). « Deux films quasiment invisibles en salle aujourd’hui. Réflexions sur la condition humaine, ces œuvres constituent un voyage, tant physique que métaphorique, au tréfonds de la psyché des hommes, de leurs peurs et de leurs sentiments les plus violents« , commente Josiane Scoleri.

Entre temps, seront projetés East of Noon de Hala Elkoussy (2024), « une fable allégorique sur le pouvoir, l’aliénation et la nécessité absolue de la résistance » ; Atanarjuat, la légende de l’homme rapide de Zacharias Kunuk (2001), « premier film de l’histoire du cinéma écrit et tourné par un réalisateur inuit, avec des acteurs et une équipe technique inuits, en langue inuite » ; La Clepsydre de Wojciech Has (1973), dans lequel « il faut accepter de perdre ses repères pour qu’un chemin se dégage dans la nuit et le brouillard » ; Aloïse de Liliane de Kermadec (1975), « un film rare d’une cinéaste cruellement tombée dans l’oubli » ; Jauja de Lisandro Alonso (2014), long métrage argentin qui se déroule en Patagonie, « clin d’œil au mythe du western, premier genre cinématographique associé à l’idée de confins » ; et Kuroneko de Kaneto Shindō (1968), « une revisite du traditionnel film de fantômes japonais, qui relève le défi de se confronter à l’héritage de Kurosawa et de son emblématique Rashomon« , Lion d’Or à Venise en 1950.

Autant de réalisations à revoir ou à découvrir dans l’ambiance particulière d’un événement devenu incontournable, organisé sous l’égide de la Ville de Nice et du Département des Alpes-Maritimes.

28 fév au 8 mars, Cinéma Belmondo, Nice. Rens: cinemasansfrontieres.fr

photo : Stalker d’Andreï Tarkovski © DR