Des journées bellissima !

Des journées bellissima !

39e édition pour les Journées du Cinéma Italien, programmées par l’Espace Magnan à Nice, du 15 au 29 mars. À l’affiche : 16 films, dont 11 inédits en France et 2 avant-premières, avec un focus particulier sur les œuvres réalisées par des femmes.

Fellini, Visconti, Scola, Pasolini, Leone, Sorrentino, Comencini… On pourrait longtemps continuer comme ça, à égrener les noms de grands cinéastes italiens. Mais pas — ou très peu — de trace de réalisatrices. En Italie, plus qu’ailleurs, elles sont sous-représentées dans le cinéma. Pourtant, il y en a eu : Lina Wertmüller, première femme nommée pour l’Oscar du meilleur réalisateur (!) en 1975 pour Pasqualino, Elvira Notari, contemporaine d’Alice Guy, Adriana Monti, Liliana Cavani… Heureusement les choses évoluent, et cette année, l’Espace Magnan a souhaité mettre la lumière sur le travail de ces femmes qui sont parvenues à s’imposer derrière la caméra.

Où sont les femmes ?

On les connaissait plutôt comme actrices — et là, l’Italie n’a pas grand-chose à envier aux autres —, elles projetteront à Nice leur première réalisation : Margherita Vicario et son musical Gloria!, et bien sûr la grande Paola Cortellesi et son film  multi-primé C’è ancora domani. Une « première fois » aussi pour Lyda Patitucci, avec le glaçant Come pecore in mezzo ai lupi, brillamment interprété par Isabella Ragonese, et pour Léa Todorov et son passionnant La Nouvelle Femme, sur l’histoire de Maria Montessori, incarnée par Jasmine Trinca. La projection de cette première œuvre, le 21 mars, sera précédée d’une conférence en langue italienne, proposée par l’association culturelle Dante Alighieri sur cette figure emblématique de la pédagogie. 

En Avant-Première, puis lors de la Soirée du Consulat Général d’Italie à Nice, ces Journées du cinéma italien projetteront aussi Vermiglio ou la mariée des montagnes. Deuxième long métrage de fiction de Maura Delpero, après Maternal, cette œuvre nous plonge en plein hiver 1944, au cœur d’une Italie meurtrie par la guerre, là où les destins s’entrechoquent comme les flocons dans la tourmente.

Enfin, elle fait partie des rares réalisatrices que l’on peut se permettre de ne plus présenter : Francesca Comencini explore, dans Prima la Vita, les relations, parfois houleuses mais toujours fusionnelles, nouées avec son père Luigi Comencini, immense cinéaste transalpin.

La société italienne

Les méandres de l’Italie contemporaine — qui a beaucoup évolué depuis un demi-siècle, notamment sur le statut de la femme dans la société — seront abordés avec Francesco Costabile, qui nous plongera dans le destin violent d’une famille dysfonctionnelle lors de l’avant-Première de Familia, tandis qu’Edoardo Leo, à travers le poignant Mia du réalisateur Ivano De Matteo, nous fera vivre la terrible expérience d’un parent touché par le drame d’une revanche pornographique adolescente. 

La condition ouvrière restant un pilier du cinéma italien, cette thématique fera l’objet d’une conférence de Vincent Jourdan, illustrée par deux films : le bijou patrimonial restauré d’Elio Petri, La classe operaia va in paradiso, Palme d’Or à Cannes en 1972, et le formidable Palazzina LAF, interprété et réalisé par Michele Riondino, qui signe ici son premier film.

L’Espace Magnan a également donné carte blanche à l’association des professeurs d’italien du 06 et du 83, qui présentera deux coups de cœur : Un mondo a parte de Riccardo Milani (plus d’un million d’entrées!), et Stranizza d’Amuri, premier film du comédien Giuseppe Fiorello, qui livre ici une histoire d’amour, où drames et sentiments s’entrechoquent dans un contexte social conservateur. 

Ah, les comédies italiennes…

Et bien sûr, comment parler cinéma italien sans évoquer les comédies. Cette année, encore quelques perles : Zamora, premier film de Neri Marcorè, la comédie romantique Romeo è Giulietta de Giovanni Veronesi. La Dolce Vita dans toute sa splendeur !

15 au 29 mars, Espace Magnan, Nice. Rens: espacemagnan.com 

photo : C’è ancora domani © DR