26 Fév Quand la voix transporte l’âme
Cécile McLorin Salvant avec son trio américain, le 14 mars à Sainte-Maxime… Voilà un concert à ne pas manquer !
Cécile McLorin Salvant aime la France. Heureusement pour nous. Elle y vient régulièrement, mais puisqu’elle n’y habite plus, on l’entend moins souvent qu’on aimerait… Celle qui chante dans un merveilleux anglais, ou un français sans accent (se remémorant parfois ses années d’école dans le Tarn-et-Garonne) vient au Carré Sainte-Maxime partager avec nous ses dernières amours musicales.
On imagine difficilement une artiste aux talents et aux répertoires plus ouverts. Elle s’est fait découvrir à Paris il y a une quinzaine d’années avec des airs des années 30 que personne ne chantait plus, est revenue aux standards modernes, puis est passée par la chanson réaliste et la poésie d’Aragon et de Léo Ferré, ou encore les contes de fées musicaux de Mélusine. Elle sait raconter comme personne, nous tenir en haleine avec des drames ou des aventures burlesques, nous faire saigner le cœur avec des tragédies sociales ou des histoires d’amour tristes.
Et puis surtout, elle a cette voix qui saisit à la première syllabe, et fait taire le bavardage intérieur de ceux qui l’écoutent. On la comprend en frémissant quand elle murmure, on s’éclaire quand elle sourit, car elle donne l’impression si juste et si trompeuse d’un talent naturel, inné, qui n’aurait pas eu besoin de travail pour en arriver à cette maîtrise ! Son timbre limpide peut envelopper comme un châle de douceur, percer de douleur, arracher une larme ou un sourire. Parfois même elle réduit à rien la distance entre parlé et chanté, suspendue entre ces deux tentations… À part Billie Holiday ou Jeanne Lee, qui donc aujourd’hui serait capable d’une telle souplesse ?
Derrière ses grosses lunettes, avec son crâne presque rasé et son sourire désarmant, se moquant des clichés des divas du jazz, Cécile, dynamique, infatigable, rieuse ou désarmée, revient nous enchanter. On y court !
14 mars, Le Carré, Sainte-Maxime. Rens: carre-sainte-maxime.fr
photo : Cécile McLorin Salvant © DR