26 Fév Un chœur qui fait Bloom !
Un trio vocal féminin, une section rythmique et le tour est joué ! C’est la proposition de Bloom, à découvrir sur la scène du Théâtre Jules Verne à Bandol.
Laurence Illous, Melina Tobiana et Lea Castro forment Bloom, un beau trio vocal accompagné par une rythmique discrète mais efficace : la basse d’Arthur Henn et la batterie d’Ariel Tessier. Pas d’instrument harmonique, mais le trio assume cette fonction avec brio : des accords tenus, justes et suaves, avec (rarement) une légère dissonance bienvenue. Et parfois, des intervalles inhabituels se glissent avec bonheur dans des résolutions impeccables. De là s’élèvent de courtes interventions, une phrase, une ligne, avant que la voix soliste ne réintègre l’ensemble en douceur. Le trio n’oublie pas non plus son rôle rythmique, qui roule comme un train sage. La formule n’est pas nouvelle, mais Bloom la fait fleurir avec bonheur.
Les trois voix sont distinctes et se révèlent pleinement lorsqu’elles sont mises en lumière : des registres étagés, avec une préférence pour un relatif grave (les cantatrices classiques parleraient de mezzo-soprano), des timbres et des attaques qui s’éclairent mutuellement. Elles savent cependant se fondre dans une teinte homogène lorsqu’on les entend ensemble. Beaucoup d’anglais, un peu de portugais brésilien ici et là pour donner la morsure du piment, le glissement de la mangue, la volupté de l’ananas qui coule dans la bouche : la bossa nova n’est jamais loin lorsque les filles chantent Canto de Ossanha, extrait de leur premier album Dièse 1. Et l’ivresse insouciante est déjà là lorsqu’elles racontent Drinking or driving. Avec en prime quelques standards peu entendus comme Throw it away, popularisé par Abbey Lincoln. Une belle découverte !
15 mars, Théâtre Jules Verne, Bandol. Rens: bandol.fr
photo : Bloom © Fred Courtois