L’énergie vivifiante du printemps 

L’énergie vivifiante du printemps 

Le postlude est une façon de faire perdurer un instant suspendu avant de replonger dans la réalité du quotidien : tel est le choix fait par Printemps des Arts de Monte-Carlo de conclure son édition 2025 en associant le mouvement à la musique, tel un clin d’œil à Georges Balanchine qui incitait le public à « écouter la danse et voir la musique« .

Les Ballets de Monte-Carlo promettent donc un final flamboyant en interprétant trois pièces dont l’une d’Alexei Ratmansky qui fait son entrée au répertoire et une création signée de Marco Goecke. Ils seront accompagnés de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, placé sous la direction de Jesko Sirved

Le programme s’ouvrira sur une pièce de Georges Balanchine. Créée en 1946 sur une musique de Paul Hindemith, Les Quatre Tempéraments est l’une des premières œuvres qui a permis au chorégraphe de jeter les bases du ballet néo-classique. En partant de l’idée très ancienne que le corps humain se compose de quatre humeurs (mélancolique, sanguin, flegmatique et colérique), il imagine un ballet qui en fait se révèle être une œuvre abstraite. Les danseurs sont vêtus sans artifice et évoluent sans décor afin de mettre en valeur la qualité intrinsèque de la danse, à travers l’agilité des corps et la perfection de l’exécution. Patricia Neary, qui a excellé dans l’interprétation des créations de Georges Balanchine, travaille à la transmission de toute la force et la vitalité de la pièce aux danseurs de la compagnie monégasque.

Jean-Christophe Maillot, chorégraphe et directeur des Ballets de Monte-Carlo, a également souhaité faire entrer au répertoire une pièce de l’artiste ukrainien Alexei Ratmansky. Avec Wartime Elegy, ce dernier traduit toute l’énergie d’un peuple qui, malgré la guerre et ses tragédies, continue de déployer une vitalité et une formidable envie de vivre : un moment fort où il est question de résilience, et surtout, d’espoir. 

Enfin, le chorégraphe allemand Marco Goecke revient en Principauté pour une quatrième création. Dès 2008, il avait été invité à créer une première pièce, Whiteout. Mais c’est probablement sa version très personnelle et extrêmement inventive du Spectre de la Rose que l’on garde en mémoire. Cette fois, il compte nous séduire par sa vision de La nuit transfigurée du compositeur Arnold Schönberg. Cette œuvre de jeunesse du musicien, aux accents romantiques car dédiée à sa jeune fiancée avant leur mariage, offre une sublime partition pour y dérouler une écriture tout en puissance et intensité. Belle conclusion pour un Printemps des Arts — et de la danse — qui appelle au renouveau de la vie.

23 & 27 avr, Grimaldi Forum, Monaco. Rens: balletsdemontecarlo.com, printempsdesarts.mc

photo : Les Quatre Tempéraments © Laurent Philippe