Qui dit Pâques dit Bach !

Qui dit Pâques dit Bach !

L’Orchestre national de Cannes programme, lors du lundi de Pâques, deux concerts dans la même journée. À l’affiche : l’Oratorio de Pâques de Jean-Sébastien Bach, véritable opéra sacré, dont la partition, saisie par le raffinement d’une grande culture musicale, manie les styles italiens et français selon un plan dramaturgique éblouissant. Que l’on soit croyant ou pas, les versions de la Passion biblique de Jean-Sébastien Bach sont indissociables de la tradition liturgique. Bach compose ainsi deux des plus grandes œuvres liturgiques pour le Vendredi saint, la Passion selon saint Matthieu et la Passion selon saint Jean. L’Oratorio de Pâques, destiné au dimanche de Pâques, est moins connu et moins spectaculaire. Mais tellement plus joyeux ! Des chœurs exubérants et des solistes en liesse chantent le miracle de la résurrection de Jésus-Christ. Pour preuve son titre initial Kommt, gehet und eilet (Venez, hâtez-vous et courez).

Basée sur la musique d’une cantate profane, cette œuvre fut jouée pour la première fois en 1725 à Leipzig, avant d’être rejouée dans la même ville plusieurs années de suite lors du weekend Pascal. Bach ne qualifiera pourtant sa cantate d’Oratorio que 10 ans plus tard, à l’occasion d’une nouvelle version agrémentée du texte employé couramment aujourd’hui. Celui-ci, rédigé par Picander, s’inspire d’un passage des Évangiles dans lequel les apôtres Pierre et Jean découvrent le tombeau vide de Jésus le jour de Pâques, mais aussi de l’Ancien Testament notamment du Cantique des Cantiques.

Cet oratorio en 11 mouvements est porté donc par la voix de quatre des plus fidèles disciples de Jésus — Marie-Madeleine, Maria Jacobi, Pierre et Jean — qui déroulent l’histoire. Contrairement aux autres œuvres spirituelles de Bach, leurs paroles sont directement exprimées par les personnages, le tout étant précédé de deux introductions instrumentales contrastées : une Sinfonia triomphale suivie d’un Adagio pastoral.

Sous la direction de Pavel Baleff, les solistes Déborah Cachet (soprano), Anthea Pichanick (alto), David Munderloh (ténor) et Adrien Fournaison (basse) seront rejoints pour le final par l’Ensemble vocal La Sestina, dirigé par Stéphan Nicolay, et le Chœur de chambre 1732, conduit par Bruno Habert, pour clore cette œuvre à l’enthousiasme communicatif.

21 avr 11h, Église Notre-Dame de Bon Voyage, Cannes • 21 avr 17h, Église Notre-Dame du Liban, Mandelieu. Rens: orchestre-cannes.com

photo : Pavel Baleff © DR