De Chopin à SCH, il n’y a qu’un Pamart

De Chopin à SCH, il n’y a qu’un Pamart

Cette année, le festival Crossover se déroulera en deux actes : l’un au printemps, l’autre à la fin de l’été. Si l’Acte II a déjà dévoilé quelques noms comme Jyeuhair, H JeuneCrack, ou 1PLIKÉ140, donnant à ce jour une couleur résolument hip hop à l’édition 2025, l’Acte I offre la scène du Théâtre de Verdure à Sofiane Pamart.

Quel point commun peut-il y avoir entre SCH, VALD, Dinos, Zamdane, Laylo, et bien d’autres ? Ils font tous du rap, me répondrez-vous. C’est vrai. Mais ce qui relie cette belle brochette, c’est avant tout l’admiration qu’ils portent à celui qu’on surnomme le Piano King, devenu pianiste attitré de nombreux artistes hip hop hexagonaux.

Pourtant, à écouter ses albums solo — Planet (2019), Letter (2022) et Noche (2023) —, difficile de se dire que le bonhomme a pu collaborer avec le S sur un morceau comme Parano et ses lyrics aux images parfois crues (“Deux tapins dans la 500, garée d’vant l’hôtel/J’ai besoin d’oxygène, ça finit en bain d’sang”). Car si l’on a découvert Sofiane Pamart en 2018 sur l’opus Pleine Lune, en collaboration avec le rappeur belge Scylla, c’est bien à un artiste composant de la musique néo-classique que l’on a affaire. Ça c’est pour le son, parce que question image, il est évident que Sofiane Pamart se rapproche davantage de SCH que de Ludovico Einaudi, lui qui est reconnu pour l’esthétique haut de gamme de son univers visuel ! Mais franchement, on s’en fout ! Ou plutôt non, c’est en fait ce qui fait sa singularité. 

Médaille d’or du conservatoire national de Lille, en interprétant à la perfection l’Alborada del gracioso de Ravel et La 4e balade de Chopin, classé dans le top 5 des artistes classiques les plus streamés au monde en 2024, ce fan de Debussy rejouait déjà à l’oreille le thème du Parrain composé par Nino Rota sur son clavier d’enfant, alors qu’il n’avait que 4 ans ! En 2022, le public niçois avait déjà pu apprécier son talent lors d’un concert à l’opéra, avec l’Orchestre Philharmonique de Nice, fruit de sa collaboration avec le compositeur Pierre Thilloy, pour une réinterprétation de son propre répertoire. Plus récemment, le grand public a pu le découvrir en ouverture des JO de Paris 2024, dans sa fabuleuse reprise de la chanson Imagine de John Lennon, avec Juliette Armanet.

Bref, c’est un musicien unique, un pianiste haute couture avec une mentalité et une image de rappeur, que l’on retrouvera sur la scène du Théâtre de Verdure, en clôture d’une soirée ouverte par Arleen et Romano Vivarelli.

3 mai, Théâtre de Verdure, Nice. Rens: festival-crossover.com

photo : Sofiane Pamart © Lenny Grosman

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