23 Avr Hip-hop d’auteur
À l’image du cinéma d’auteur, le hip-hop de Kader Attou apporte depuis des années un propos singulier à cette danse arrivée en France il y a désormais plus de 40 ans. Avec The Roots, le chorégraphe français lui rend un hommage classieux.
« The Roots est une ode à cette histoire fabuleuse qui dure depuis 30 ans, qu’est la danse hip-hop. 30 ans depuis l’émission de Sidney, 30 ans de maturité. The Roots redessine les contours de cette danse, à la fois dans sa virtuosité et dans sa poétique des corps », déclarait Kader Attou lors de la création de son spectacle en 2013. Car oui, c’est grâce à Sidney, 1er animateur noir de la télévision française, concepteur et présentateur de la toute 1e émission au monde consacrée au hip-hop — la mythique H.I.P. H.O.P., diffusée sur TF1 — que cette musique et la danse qui l’accompagne ont débarqué dans le paysage hexagonal.
Quelques années après le lancement de ce rendez-vous hebdomadaire (qui ne durera qu’une petite année), Kader Attou fonde la Cie Accrorap. Il perçoit déjà les possibilités offertes par ce langage chorégraphique, qui s’impose progressivement aux côtés de la danse contemporaine sur les plus grandes scènes internationales. En le mêlant à d’autres formes artistiques, il fait émerger — aux côtés de danseurs aussi passionnés que lui, comme Mourad Merzouki — des créations innovantes devenues une véritable spécificité française. The Roots, joué plus de 300 fois depuis sa création en 2013, en est une des plus emblématiques.
« Ma danse s’est façonnée dans le frottement des esthétiques : danse hip-hop, danse kathak, danse contemporaine. Ce qui m’importe dans cette relation-là, c’est de construire des ponts, créer du lien, du dialogue dans la différence« , explique le chorégraphe. « Cette recherche m’a conduit à essayer de mieux comprendre ce qui relève du corps ou de l’émotion. Comment, à partir d’une technique, d’un mouvement mécanique, d’un code, avec la virtuosité, naît cette émotion. » Ces réflexions ont constitué le socle de cette pièce dans laquelle évoluent 11 danseurs, 11 personnalités, 11 histoires. Puisant dans leurs racines, chaque danseur retranscrit la mémoire de son propre corps et, ensemble, forment une masse en résonance avec la musique (Brahms, Glazounov, électro…), pour ouvrir les portes à une « humanité qui danse« … Un juste retour des choses pour cette discipline qui serait, selon certains ethnomusicologues, le premier-né des arts !
24 avr, Théâtre Francis Palmero, Menton. Rens: menton.fr
photo : The Roots © Joao Garcia