Sympathique Pink Martini

Sympathique Pink Martini

Pink Martini incarne l’art du kitsch porté à sa perfection, et comme le kitsch, il est par définition indémodable !

Le succès de Pink Martini démarre il y a plus de 30 ans, avec cet air qu’on a tous entendu, « Je ne veux pas travailler… », extrait de la chanson Sympathique. Beau programme ! Mais la réussite ne s’arrête pas là et les musiciens ont depuis régalé le public de petites bouchées travaillées à merveille pour un plaisir immédiat et éphémère. Parfois, il s’agit d’inventions bricolées à partir de souvenirs (Sympathique dérive d’un poème d’Apollinaire déjà mis en musique par Francis Poulenc), parfois ce sont des airs populaires réarrangés — comme un bonbon concentré en sucre, un glacis et un petit ruban. Comme une musique d’ascenseur qui serait détournée par un sourire ironique !

Thomas Lauderdale et China Forbes, à l’origine du projet au mitan des années 90, sont alors deux jeunes étudiants plutôt intellectuels qui se rencontrent à Harvard, prestigieuse université américaine. Il joue du piano, elle chante, ils s’amusent… Et China, polyglotte, garde notamment en français ce petit accent qui met la chanson à distance, une sorte d’effet Birkin pour la mettre entre guillemets. Autour d’eux, un orchestre très chic d’une douzaine de musiciens qui distillent une musique légère et suave.

Ils nous reviennent aujourd’hui avec un nouveau répertoire et quelques vieilles ritournelles qu’ils raccrochent à nos mémoires : comme ce Bella Ciao, au départ chant de révolte populaire, qui aujourd’hui dégage un parfum délicieusement mutin.

27 & 28 mai, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

photo : Pink Martini © China Forbes