23 Avr Victoire : nom féminin
Estelle Meyer convoque la figure de Gisèle Halimi dans un récit initiatique puissant et inspiré, au titre évocateur : Niquer la fatalité [Chemin(s) en forme de femmes]. Un spectacle à découvrir à Nice et à Toulon, fin mai.
C’est lors du décès de la célèbre avocate féministe en 2020, que la comédienne et compositrice française découvre l’œuvre de cette femme révoltée qui lui fait l’effet d’un électrochoc. Son combat, son histoire et sa force sont autant de révélations qui l’inspirent aussi bien dans son travail que dans sa vie de femme. Elle imagine alors ce récit initiatique, Niquer la fatalité [Chemin(s) en forme de femmes], dans lequel elle se met en scène. Un récit théâtral et musical autour de sa construction de jeune femme et de toutes les questions qui la hantent : Est-ce une grâce ou une fatalité d’être née femme ? Et comment alors déjouer les injonctions ? Comment exploser les moules préétablis pour s’appartenir enfin et se créer une vie libre ?
Tout au long de ses questionnements, elle est accompagnée par la personnalité rassurante et forte de l’avocate, sorte d’ange gardien qui la guide dans ses tourments et pose sur elle un regard protecteur. La pièce est composée comme un dialogue entre la jeune femme et une Gisèle Halimi fantasmée et si réelle à la fois, où les moments de partage côtoient ceux de haine et de révolte. Estelle Meyer ne s’inspire pas seulement de cette figure emblématique, mais aussi de femmes qu’elle a défendues, à l’instar de Djamila Boupacha, torturée et violée par l’armée française, puis condamnée à mort pour avoir été accusée de poser une bombe. C’est notamment dans le souvenir de cette femme qu’elle puise l’esprit libre et révolté qui porte la pièce.
À travers ce spectacle, où elle est accompagnée par deux musiciens, Alexey Asantcheeff (piano) et Pierre Demange (batterie), la comédienne s’adresse aux femmes du présent, du futur et du passé, pour leur insuffler de l’espoir et ce qu’elle décrit comme « une route de libération pour tou.te.s, une issue pour niquer la fatalité (nike en grec signifie la victoire) ainsi que toute prédestination« . Une pièce qui donne la force d’avancer et de se battre et qui démontre l’importance des modèles féminins pour se construire.
20 & 21 mai, Les Franciscains – Théâtre National de Nice. Rens: tnn.fr
23 mai, Le Liberté, Toulon. Rens: chateauvallon-liberte.fr
photo : Niquer la fatalité [Chemin(s) en forme de femmes] ©Emmanuelle Jacobson Roques