Le Graal, c’est la vie !

Le Graal, c’est la vie !

« Ah, le printemps ! La nature se réveille, les oiseaux reviennent, on crame des mecs… » Et on va au théâtre se régaler avec l’adaptation sur scène du chef-d’œuvre télévisuel d’Alexandre Astier : Kaamelott.

Kaamelott, c’est la quête du Graal revue par Alexandre Astier : un roi Arthur intelligent traînant son spleen existentiel, des chevaliers aussi incompétents que valeureux et attachants, et des dialogues drôles, acides, parfois profondément mélancoliques, mais toujours admirablement taillés au couteau à viande. C’est bien simple, chaque épisode réserve son lot de répliques aujourd’hui devenues culte : du mythique « On en a gros ! » à l’iconique « C’est pas faux !« , en passant par le rabelaisien « Le gras c’est la vie !« . Sans compter que, derrière l’humour, Kaamelott est une fresque sur la solitude du pouvoir, les amitiés bancales et les utopies qui s’effilochent…

La compagnie azuréenne, constituée de comédien.nes de 14 à 20 ans, formés et dirigés par l’auteur et metteur en scène Numa Sadoul, adapte donc librement cet univers arthurien. Et l’on peut vous assurer, à la vue de leur CV, que ces Enfants Terribles ne sont rien des pécores. Cette joyeuse troupe s’inscrit dans le sillage d’une tradition exigeante : depuis plus de 20 ans, les jeunes comédien.nes se succèdent pour s’attaquer aux grands textes — d’Anouilh à Wilde, de Marivaux à Maeterlinck — avec audace et une certaine maturité artistique.

Sur scène, ils seront cinq pour incarner toute une galaxie de personnages hauts en couleur : Arthur (interprété par Milan Abbas), Perceval (Swan Andrianarivelo), Karadoc (Thibaut Carli), Guenièvre (Flore Devolder) et tous les autres héros déglingués réunis autour de la fameuse Table ronde. D’ailleurs, comme dirait un certain Léodagan (Jules Audion) : « Ben heureusement qu’on s’est pas fait construire un buffet à vaisselle !« 

Décor minimaliste, costumes conçus par la Diacosmie de l’Opéra de Nice, bande-son subtile, le tout orchestré par un Numa Sadoul qui a souhaité mêler au texte original du texte de liaison et des séquences d’impro retenues lors des répétitions. On touche ici, à l’essence même du théâtre, avec cette reprise de Kaamelott, véritable hommage à l’univers d’Alexandre Astier, à ses fulgurances comiques comme à sa gravité sourde. On conclura avec cette irrésistible saillie du Roi Loth : « Victoriae mundis et mundis lacrima. Bon, ça ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c’est assez dans le ton. »

24 mai, Centre Culturel, Cagnes-sur-Mer • 7 juin, Théâtre de la Cité, Nice (Festival Jeunes Pousses), 7 juin • 4 au 14 juil, Théâtre Atypik, Avignon • Auditorium La Fontette, Saint-Paul de Vence, 20 sep • Salle Joe Dassin, Lucéram, 25 oct • 14 au 23 nov, Théâtre La Semeuse, Nice. Rens: FB orfea.terribles