21 Mai Monty et les jeunes lions
Un bel événement, en cinq actes, qui fait entendre tout un gratin de jazz européen pour se terminer par un précipité de l’Histoire de la Note Bleue : Monty Alexander. Voilà ce qui nous attend lors du 39e festival Jazz à Ramatuelle, du 24 au 28 juin 2025.
Monty Alexander a passé les 80 ans et porte encore cette flamme, cette fougue concentrée qui n’a besoin que d’une note pour convaincre. Le premier accord qu’il plaque donne le ton et vous fait remonter la moelle épinière jusqu’aux cervicales. Ce Jamaïcain, baigné de calypso depuis le berceau, entend à 6 ans Armstrong et Nat Cole. C’est décidé, il sera jazzman ! Même si ses racines ne s’oublient pas — projets Lords of the West Indies et Harlem Kingston Express —, le musicien est ancré dans le swing nord-américain. Remarqué par Frank Sinatra qui l’engage et crée sa notoriété, il s’est longtemps abandonné à sa virtuosité : beaucoup de notes très dansantes. Mais il est aujourd’hui plus sobre, plus épuré, plus convaincant.
Avant lui à Ramatuelle : trois saxophonistes français et un pianiste allemand, quadragénaires qui témoignent de la vitalité de la scène jazz ! Sylvain Rifflet, au sax ténor, multiplie les expériences et les ambiances, et s’associe aujourd’hui au monde des synthétiseurs. Il ouvrira le festival le 24 juin. Pierrick Pédron, à l’alto, sait être le plus « parkérien” de tous, mais innove avec jubilation notamment quand il est en compagnie du maître Gonzalo Rubalcaba. À Ramatuelle le 26 juin, il sera soutenu par deux jeunes musiciens : Carl-Henri Morisset au piano qui swingue merveilleusement, et Elie Martin-Charrière, l’un des batteurs légers et prometteurs de l’hexagone. Autre altiste de feu, Baptiste Herbin explorera le 27 juin l’univers de Django Reinhardt, pas tant sous l’angle du jazz manouche que pour redécouvrir ses compositions et ses climats harmoniques.
Quant à Michaël Wollny, l’un des plus brillants pianistes allemands, qu’on entend régulièrement en France, il se penchera sur la thématique des fantômes. Un thème suggérant une musique cachée qu’il faut invoquer pour qu’elle revienne, et passe à travers les murailles avec cette inquiétante et légère impression d’au-delà… Notez qu’en plus de ces musiciens très confirmés, Ramatuelle offre cinq avant-concerts de jeunes groupes imaginatifs qui explorent les nouvelles tendances ou se souviennent de l’histoire de cette musique.
24 au 28 juin, Théâtre de Verdure, Ramatuelle. Rens: jazzaramatuelle.com
photo : Monty Alexander © Jean-Baptiste Millot