Opéra de Monte-Carlo : les femmes à l’honneur

Opéra de Monte-Carlo : les femmes à l’honneur

Amour, sacrifice, lutte… La force intemporelle de la figure féminine et des mystères de la mythologie sont au cœur de la programmation de la saison 2025-2026 inspirée et inspirante, conçue par Cecilia Bartoli, à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo. Que de personnages flamboyants ont en effet inspiré les créations des librettistes et compositeurs ! 

7 opéras, dont 2 nouvelles productions, 7 concerts et 1 récital prestigieux, 1 comédie musicale et 1 grande revue en hommage à Joséphine Baker composent la programmation de la prochaine saison de l’Opéra de Monte-Carlo. On y verra de brillantes distributions, qu’il s’agisse de grand.e.s interprètes internationaux ou de jeunes talents en devenir, et la directrice de l’institution a désiré rendre « particulièrement hommage aux voix de femmes, aux figures héroïques et fragiles, à la puissance du mythe et à ce rêve collectif qu’est l’opéra« .

Du grand répertoire

« La force indomptable de l’icône féminine reflète l’émancipation, la résilience et la soif de liberté, en résonance avec les récits légendaires et poétiques qui traversent l’Histoire et l’art« . Le Vaisseau Fantôme, dans une version mise en espace, et qui ouvrira la saison le 2 novembre au Grimaldi forum, coche toutes les cases : une plongée dans la mythologie, l’univers onirique et la puissance du féminin. Pour le baryton basse gallois Bryn Terfel qui incarne le marin maudit, il représente « la quintessence du mythe et du rêve, entrelacés avec la force de l’amour absolu d’une femme fidèle« , Senta, la rédemptrice incarnée par la lituanienne multi primée Asmik Grigorian

Autre icone lyrique, l’Aida de Giuseppe Verdi, mis en scène par David Limermore, dépeint l’affrontement tragique entre Aida (Anna Pirozzi) et Amneris (Marie Nicole Lemieux), deux princesses orgueilleuses luttant chacune pour l’amour du valeureux guerrier Radamès (Arsen Soghomonyan). Un duo/duel qui promet ! 

En janvier 2026, le 2e acte du voyage wagnérien, entamé avec L’Or du Rhin la saison dernière, verra aussi de sacrées figures féminines dans La Walkyrie qui, face à Matthias Goerne en Wotan, seront interprétées par Libby Sokolowski (Sieglinde), Nancy Weissbach (Brünhilde) et Ekaterina Semenchuk (Fricka). Une nouvelle production où l’on retrouve à la mise en scène Davide Livermore, et le chef Gianluca Capuano à la direction des Musiciens du Prince, dont on fête le 10e anniversaire. 

L’ensemble monégasque accompagnera une autre production, le 28 janvier: Orfeo ed Euridice de Gluck, opéra rarement joué, révolutionnaire car le premier d’un nouveau genre, où la musique est au service de la poésie et non plus de la pure virtuosité vocale. Cécilia Bartoli y sera très attendue dans son rôle d’Orphée, travestie en chanteur tragique dans sa tentative éperdue de faire revenir sa femme adorée du monde des morts. Une version mise en espace, mode opératoire de plus en plus tendance (effet générationnel ?) dans les opéras, ainsi que nous le verrons aussi dans Così fan tutte en février, troisième et dernier volet de la célèbre trilogie da Ponte-Mozart, en collaboration avec la Wiener Staatsoper. 

Le metteur en scène Jean-Louis Grinda revient dans sa maison de cœur en février, avec Pelleas et Melisande de Debussy, dirigée par Kazuki Yamada dont ce sera la dernière saison à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Pour l’incroyable mezzo Lea Desandre, ce sera par contre la première à l’Opéra Garnier, dans le rôle de Melisande, qu’elle dit être l’un des plus chers à son (jeune) cœur. 

Dernier opéra de la saison, Il Trovatore de Verdi, mis en scène par Francesco Negrin, révèlera certes de nombreux airs à succès mais surtout deux belles figures féminines : la jeune Leonora (Pretty Yende) et Azucena (Varduhi Abrahamyan), magnifique portrait de femme dans la fleur de l’âge, toutes deux promesses d’émotions.

Des rendez-vous prestigieux 

Il y a 100 ans, en septembre 1925, une danseuse et chanteuse âgée de 19 ans paraissait sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées lors du spectacle qui allait populariser le jazz en Europe et faire de sa protagoniste une icône féminine : Joséphine Baker, artiste totale, résistante, féministe avant l’heure, mère adoptive, proche amie de la Princesse Grâce, qui repose à Monaco. Le spectacle Bonsoir Monte-Carlo, commande de l’opéra, lui rendra hommage, 50 ans après sa disparition. 

Le ténor Roberto Alagna, fidèle de la scène monégasque depuis 1989 viendra quant à lui faire revivre ses souvenirs de jeunesse dans C’est magnifique, concert suspendu dans un temps insouciant. 

Les fêtes de fin d’année seront célébrées dans le décor luxuriant de la salle Garnier, avec le premier blockbuster musical : Cats. La fameuse comédie musicale britannique d’Andrew Lloyd Webber créée en 1981 déploiera décors et troupe pour la 1e fois à Monaco !

Duo d’exception — ils ont en commun leur héritage latin, un charisme et une polyvalence musicale : Placido Domingo et Cecilia Bartoli donnent rendez-vous le 14 février. Tandis que la mezzo-soprano lettone Elīna Garanča, étoile lyrique capable de passer des registres les plus aigus aux plus graves, se produira pour la première fois en Principauté, dans un programme d’airs d’opéras qui ont marqué sa carrière dans les plus beaux rôles de son vaste et très varié répertoire. Comme un symbole…

Dès le 2 nov, Opéra de Monte-Carlo & Grimaldi Forum, Monaco. Rens: opera.mc

photo : Opéra de Monte-Carlo, présentation Saison 25-26 ©Landry Basile