26 Juin À Grasse, la culture olfactive se réinvente
Du 3 au 5 juillet, la capitale mondiale du parfum accueillera sa 1e Grasse Perfume Week. Une cinquantaine d’événements sont prévus dans toute la ville pour célébrer la culture olfactive : expositions, projections, conférences, parcours sensoriels et ateliers pour enfants.
Né à l’initiative d’acteurs locaux, cette Grasse Perfume Week revendique un double ancrage: profondément enraciné dans le territoire grassois, berceau historique de la parfumerie, et résolument tourné vers l’international. « L’idée d’un festival autour du parfum et de la culture olfactive est née à Grasse, avec des acteurs grassois« , explique Romain Raimbault, directeur de la Grasse Perfume Week, et directeur des événements au sein de la revue olfactive Nez. « On a testé le concept à Paris, mais dès le départ, on avait en tête d’en faire une édition ici, dans la capitale mondiale du parfum. »
Une dizaine de lieux emblématiques accueilleront le public : du Palais des Congrès, qui accueille 80 exposants, au Grasse Campus, qui déploie un programme de conférences, tables rondes et masterclasses, en passant par la Villa Fragonard, où la société Robertet, qui invite les visiteurs à une plongée dans l’histoire et le futur du parfum. En plus de ces trois principaux « lieux étapes » : le Musée international de la Parfumerie (MIP), la médiathèque Charles Nègre, la crypte de la cathédrale…
Cinéma en odorama et glaces parfumées
Ce festival ne se limite pas à n’être qu’une vitrine du patrimoine local. Il entend renouveler notre rapport à l’olfaction. Ateliers sensoriels, cinéma en odorama — avec notamment une projection des Parapluies de Cherbourg accompagnée de cartes parfumées —, librairie spécialisée, glaces aux essences naturelles : tout est pensé pour éveiller les sens et susciter la curiosité. « Et puis chaque visiteur vivra quelque chose de différent. L’idée, c’est que chacun puisse piocher selon ses envies.«
La programmation se veut accessible, inclusive et multidisciplinaire. Des conférences scientifiques côtoient des installations artistiques ou des moments plus contemplatifs. Une exposition photo dans la crypte associe portraits et fragrances pour mieux raconter l’intime. Des modules immersifs permettent de plonger dans l’univers personnel de grands parfumeurs, comme Marc-Antoine Corticchiato, fondateur de Parfum d’Empire. Regardant au-delà des frontières, le festival s’étend aussi à des marques venues de Chine, d’Inde, des Comores…
Un volet éducatif est également proposé aux enfants, avec des ateliers de reconnaissance des odeurs — parfois même des « odeurs qui puent » — pour apprendre à mieux identifier ce qui les entoure.
Le pari est clair : ouvrir le monde de la parfumerie, longtemps perçu comme élitiste, au plus grand nombre. « On espère que les visiteurs repartiront plus curieux, plus stimulés intellectuellement, avec un autre regard sur le vivant, sur le monde. »
3 au 5 juil, Palais des Congrès & lieux divers, Grasse. Rens: perfume-week.com
photo : Atelier de reconnaissance des odeurs © DR