Bienvenue dans la tête de Dalí

Bienvenue dans la tête de Dalí

Fourmis copulatrices, tamanoirs dandys, éléphants sur échasses et ânes en état de putréfaction avancée… Le zoo mental de Salvador Dalí s’installe à Nice pour une parade hallucinée de près d’une centaine d’œuvres venues d’un autre monde : le sien.

À l’Espace culturel Lympia, l’exposition Salvador Dalí : Divines Créatures revient sur un demi-siècle de création déployant une ménagerie surréaliste, miroir de l’âme humaine. Ici, la faune ne se contente pas de mimer la réalité : elle la plie aux caprices d’une psyché en feu. Entre mythologie antique, visions moyenâgeuses et clins d’œil à Bosch ou Brueghel, le bestiaire de Dalí n’a visiblement jamais entendu parler de Darwin. Il obéit à d’autres lois : celles du désir, du vertige et de l’angoisse… Mais sublimées de façon classieuse.

Première exposition dédiée au maître espagnol à Nice depuis les années 70, celle-ci brille par son ambition et sa rareté, convoquant peintures, gravures, sculptures, photos (dont 14 produites avec Philippe Halsman), films et autres mystifications multi-médium. Un show « dalinien » on ne peut plus complet ! Le tout mis en scène par les Italiens d’Hapax Editore, avec, en commissaire éclairé, Jean-Michel Bouhours, un ancien du Centre Pompidou.

On y croisera une girafe en flammes, avatar cosmique de la guerre civile espagnole, des lions tapis dans les ombres des chevaux, des parapluies-chauves-souris, des ocelots de compagnie… Et, bien sûr, Dalí lui-même, mi-insecte, mi-mystique, obsédé sexuel à pince mandibulaire. Lorsqu’on sait l’attraction très particulière pour la chair de l’artiste à la célèbre moustache — il était impuissant et disait que les génies ne devaient pas se reproduire —, on vous laisse imaginer ce que cette œuvre peut signifier ! Lui qui a toute de même inventé et théorisé le clédalisme, sorte d’orgie se distinguant, selon lui, de la partouze qui « se déroule toujours dans l’anarchie gélatineuse, alors que l’érotisme dalinien obéit à une organisation rigoureuse issue de mon délire, à une orchestration et une hiérarchisation des formes, des mouvements, des couleurs« . Ça promet !

19 juil au 23 nov, Espace culturel Lympia, Nice. Rens: espacelympia.departement06.fr

photo : Le Devenir Géologique, Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dali © Adagp, Paris 2025 © Raphaële Kriegel