Les belles saisons en Liberté

Les belles saisons en Liberté

Châteauvallon-Liberté nous donne rendez-vous pour 2025-2026. De grands rendez-vous. Alors que le site installé à Ollioules célèbre cette année ses 60 ans avec panache, la scène nationale tout entière navigue toujours fière, même par gros vent, et déroule sa programmation à venir, en deux lieux, et en trois temps, que l’on ait ou pas toutes ses dents.

Le premier grand rendez-vous rassemble les amateurs de spectacle vivant et badauds au Pont du Las avec Les Voyages – Expérience 34. Des traversées qui ne nécessitent aucun équipement et qui épatent forcément, puisque le talent du collectif circassien XY est d’habiter notre environnement urbain de telle façon que le trouble et la poésie s’y installent, en mouvements.

Guidé·es par la boussole de Charles Berling et de son équipage, nous partirons ensuite À l’abordage, titre de la grande fête d’ouverture, pour vivre l’automne Face aux murs, un spectacle de cirque de la compagnie toulonnaise Hors Surface de Damien Droin, où trampolines et acrobates joutent en rebonds spectaculaires. Inspiré par l’incessant va-et-vient des bateaux de marchandises, le spectacle de danse Post-Panamax de Frank Micheletti transpose cette tension en popping… Tandis que le Collectif Ô 77 montre ce qui échappe au regard, en danse et musique, dans des décompositions d’énergie en fin de course ou qu’on croirait perdue.

Et puis, en trois périodes saisonnières, trois Théma seront développés autour des spectacles, avec rencontres, expos, projections et soirées festives, pour ouvrir grand les yeux et les oreilles sur des sujets d’actualité et les approcher par l’émotion. La pensée suivra à coup sûr.

Soif d’apprendre

À l’automne, c’est la Soif d’apprendre qui jalonne la programmation. En ciné-concert, et en Vacances avec Monsieur Hulot, la Cie Les Amis de FantomUs rejouent la musique de ce film à voir même si on l’a déjà vu ! Tandis que le Trio SR9 et Kyrie Kristmanson déploient 800 ans de répertoire féminin avec Venus Rising, à renfort d’instruments exceptionnels. 

Apprendre, c’est bien sûr connaître l’histoire, et celle de Châteauvallon est forte et riche comme un grand projet utopique : mené cette fois par Charles Berling, Vincent Berenger et des enfants de la Métropole, Do you know Châteauvallon? retrace les choses et les lieux, les contextes et les enjeux, en film, mapping vidéo et convivialité. C’est aussi autour des 60 ans du théâtre que le saxophoniste Raphaël Imbert propose un concert conférence pour vibrer du même jazz qui allumait le Festival d’été dans les années 70 – et dont la flamme brûle toujours ! Et si vous pensez avoir fait le tour du Petit Poucet et de son incroyable destinée charriée par la cruauté, venez donc le voir dans une version révisée par Carole Costantini, avec Les Ogres, tout en ombres portées. 

Les plus grands se projetteront dans un monde de petits où tout est trop normé, avec Montessori, un seule en scène tenu par Bérengère Warluzel, où la médecin Maria Montessori apparaît telle qu’elle était : révolutionnaire et tendre. Cette compréhension du monde enfantin se prolonge avec l’adolescence et la construction d’une identité, autant  »en vrai » qu’au travers des réseaux sociaux et d’une indispensable théâtralisation de soi, ce que Émilie Anna Maillet développe en deux temps : Crari or not et To like or not, en installation immersive, réalité virtuelle et théâtre augmenté. 

Jusqu’à la fin de cette année d’anniversaire tout rond, voici encore de la musique. Ce sera notamment La petite sirène de Régis Campo avec l’Opéra de Toulon. Il y aura aussi du théâtre classique avec Le mariage forcé de Molière, dans une forme étrangement masquée et facétieuse signée Louis Arene, avec la troupe de la Comédie-Française, et ce Phèdre de Jean Racine, où Muriel Mayette-Holtz associe avec brio slam et alexandrins. 

Magie nouvelle (Le Paradoxe de Georges et Le syndrome de Cassandre de Yann Frisch), cirque (La chute des anges de Raphaëlle Boitel), théâtre (Il a la côte Devos ! dans une mise en scène de Daniel Benoin), cabaret (Madame ose Bashung de Sébastien Vion), ou encore danse (Chroniques de Peeping Tom, Le murmure des songes de Kader Attou) seront quelques-uns des autres rendez-vous de cet automne à venir. Une riche entame de traversée à travers la création et ce qui meut nos vies.

L’une est l’autre

L’année 2026, amorcée par un passage de saison vers la fraîcheur hivernale, sera réchauffée par un Théma de généreuse empathie et d’écoute : L’une est l’autre. La famille, le couple, les violences faites aux femmes et leur courage, le passage de l’adolescence à l’âge adulte, la révolte et les échecs, la beauté en concours, le féminisme post #MeToo, la liberté créative des femmes… Les sujets prennent vie en concert, en théâtre, en danse, en cirque, en comédie musicale et en opéra bouffe, avec en prime deux premières : Une vie parisienne d’après Henri Heine et Jacques Offenbach, dans une mise en scène d’Irène Bonnaud, et L’angelo del focolare de Emma Dante.

Sauvage Nature

Notre printemps sera celui d’une Sauvage Nature, troisième Théma comme une ode au vivant, un questionnement de notre lien au monde aquatique et à l’imagerie des sirènes, de notre place dans ce vaste et grand Tout, un intérêt porté à ceux qui œuvrent pour sauver ce qui peut encore l’être… Puis, avec des croisements toujours ultra-intéressants, les propositions se déclineront jusqu’à l’été en invitant des scientifiques, des pêcheurs, des gens qui pensent et fréquentent la mer : ça s’appelle Passion bleue.

Nous reviendrons tout au long de l’année sur ce que Châteauvallon Liberté offre sur les plateaux. D’ailleurs, en parlant de cadeau, la scène nationale propose d’acheter des billets suspendus, qui sont mis à disposition de personnes qui ne peuvent pas se permettre de s’en offrir. L’expression est poétique et le geste est beau… Nous vous souhaitons de beaux rendez-vous saisonniers en Liberté.

Dès le 10 sep, Théâtre Liberté, Toulon & Châteauvallon, Ollioules. Rens : chateauvallon-liberte.fr

photo : Face Aux Murs © Camille La Verde