26 Juin Nice, galerie à ciel ouvert
Un parcours d’art dans la ville ! En voilà un bon moyen, pour la Biennale, d’aller à la rencontre d’autres publics tout en mettant en lumière des sites clés et emblématiques de Nice. Celui-ci prolonge les imaginaires et les plaidoyers des artistes contemporains sur l’océan, déployés dans les différents lieux de la Biennale, et invite à vivre la cité autrement. Suivez le guide…
On attaque le périple sur la Promenade des Anglais, avec le travail de Shilpa Gupta qui explore l’identité culturelle, façonnée par le statut social, le genre et les systèmes de croyances. Placée face à l’hôtel Negresco (hasard ou volonté de l’artiste ?), son installation Cet horizon en nous, s’affiche en ourdou, anglais et hindi, célébrant ainsi les échanges culturels. Fascinée par les technologies, elle leur insuffle une dimension sensible.
Non loin de là, sur la Promenade du Paillon, pelouse Jacques Médecin, Laure Prouvost a créé un univers sensible et malicieux, brouillant les frontières entre fiction et réalité. Représentant un immense poulpe — symboles d’alliances inter-espèces — sortant de terre/mer, sa sculpture Landed Here to Sea You, With All Our Very Breasts aborde les bouleversements écologiques et migratoires, en utilisant la mer comme métaphore de l’inconscient.
Joël Andrianomearisoa a puisé quant à lui dans le multiculturalisme et la tradition malgache, pour faire surgir des expériences émotionnelles au beau milieu de l’espace urbain. Sur la terrasse des Ponchettes, à l’entrée de la Vieille Ville, il convoque l’universalité des sentiments humains à travers la poésie des mots forgée dans la sculpture Songer la vague sur un horizon une promesse. Comme suspendue dans le ciel, la phrase sublime l’horizon mouvant et sans cesse réinventé du rivage.
Nicolas Floc’h est un artiste, marin et plongeur, dont l’œuvre se situe à la croisée des arts et des sciences. Depuis 2010, il documente les transformations des écosystèmes fluviaux et des paysages sous-marins. Pour la Biennale, il a installé une œuvre lumineuse monumentale sur la Tour Bellanda, retraçant les sinuosités du Gulf Stream. Ce courant océanique chaud, essentiel au climat et à la biodiversité, est ici saisi dans un jeu de lignes poétique. Il expose également jusqu’au 24 août à la Villa Arson, dans le cadre de Becoming Ocean.
Le duo Choi + Shine Architects a, pour sa part, créé un gigantesque Urchins (oursin) rendant hommage aux créatures marines, au patrimoine textile et aux traditions de la pêche. Réalisée à partir de cordes de pêche crochetées par 130 résidents de Barcelone, et installée sur le Quai Rauba Capeu, l’œuvre évoque les motifs de dentelles européennes et catalanes, tout en saluant la lutte des femmes pour l’égalité. Le jour, elle dialogue avec le paysage ; la nuit, elle se transforme en lanterne magique, évoquant la bioluminescence marine. Quant au matériau utilisé, il pointe les enjeux liés à la surpêche et à la pollution plastique des océans.
On termine la balade du côté du Port avec Emmanuel Régent, artiste basé entre Paris et Villefranche-sur-Mer, qui explore la mer et le littoral à travers la plongée, le dessin et l’aquarelle. Pour la Biennale, il a conçu Cetacea, une ligne lumineuse installée sur la digue du port de Nice — devant le Palais des Congrès Nicea, structure semi-provisoire qui a accueilli l’UNOC —, signalant le passage des cétacés dans le sanctuaire Pelagos. En collaboration avec l’association Miraceti et le logiciel REPCET, ce projet vise à réduire les collisions entre cétacés et navires.
Jusqu’au 28 sep, lieux divers, Nice. Rens: anneedelamer.nice.fr
photo : vue de l’installation de Laure Prouvost © Jean-Christophe Lett