20 Juil Hier, Aujourd’hui, De…
Professeur de sport aujourd’hui à la retraite, Jean-Paul Lauze a récemment publié son 1er ouvrage Hier, aujourd’hui, de… chez Les Presses du Midi. Un roman inspiré de son expérience de la méditation.
Jean-Paul Lauze a fait sa classe préparatoire au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, ville dont il garde des souvenirs forts et émus. Prendre son café sur le port, devant tous ces navires invitant au voyage, n’est pas le moindre d’entre eux.
Nous nous sommes rencontrés en Corée du Sud, et la conversation s’est vite tournée vers ce port, où furent enchaînés quelques glorieux bagnards, mais aussi vers le sabordage de Toulon, le 27 novembre 1942 — souvenir cuisant pour la Marine comme pour la ville, dont le port fut détruit par les bombardements américains. Et bien sûr, nous avons parlé littérature.
Longtemps maire de Junas, village médiéval du Gard perché sur un tertre rocheux, Jean-Paul Lauze est passionné de philosophie, de littérature… et de recherche karmique. C’est là, à Junas, qu’il consacre aujourd’hui une part de son temps à l’écriture, parmi de nombreuses autres activités tournées vers les autres.
Il vient de publier son premier ouvrage aux Presses du Midi à Toulon. Étrange et fascinant voyage intérieur que ce Hier, Aujourd’hui, De…, mêlant introspection et spiritualité, entre récit onirique, réflexion philosophique et quête ésotérique. L’auteur y livre ses questionnements profonds sur l’existence, l’après, l’au-delà. Plusieurs expériences de vie — ou de mort ? — ont nourri cette exploration. Un accident de moto qui le plonge dans le coma, une gitane et son art divinatoire, une jeune chamane, sa passion pour la tauromachie, un taureau mythique à la mort annoncée… et les corridas de Nîmes, où fut idolâtré le fameux El Cordobès.
Au sortir du coma, Jean-Paul évoque des visions, des rencontres… ou des souvenirs ? Des chevaux, un énorme taureau dont une gitane aurait prédit la fin tragique, une moto lancée à toute vitesse… Que s’est-il joué dans cet entre-deux monde ?
Pratiquant de longue date la méditation, il s’est peu à peu tourné vers le karma et la recherche des vies antérieures. « C’est étrange, confie-t-il, car au lieu de retrouver mes anciennes vies, j’ai revu mes anciennes morts. » Où nous mènent les actions que nous accomplissons au quotidien ? Croire au karma, selon la tradition bouddhiste, permettrait d’atteindre une forme de sérénité — tout comme la pratique méditative.
Avez-vous peur de la mort ? Cette peur, suggère-t-il, pourrait n’être qu’un refus inconscient de la voir venir. Toujours en mouvement, engagé dans de nouveaux projets avant même d’avoir achevé ceux en cours, l’auteur s’interroge :
« Je m’interroge sur la juxtaposition de trois démarches : la méditation, la recherche karmique et la remontée des souvenirs enfouis. Plus je médite, plus j’ai l’impression de m’évader du quotidien, de flotter dans l’onirisme, voire dans l’hallucination. Rester dans le réel devient un effort, tant l’appel du passé est puissant. Rien n’est interdit. » La vie, selon cette vision, ne serait qu’un renouvellement perpétuel de l’âme. Dans cette logique, la mort ne serait que la fin de l’enveloppe charnelle, rendue à la nature, tandis que l’âme, elle, subsiste, invisible mais bien présente. « Il suffit d’y croire pour qu’elle continue d’exister dans les pensées de ceux qui restent. »
Hier, Aujourd’hui, De… de Jean-Paul Lauze (éd. Presses du Midi)