La Dracénie, entre héritages et horizons

La Dracénie, entre héritages et horizons

Dracénie Provence Verdon Agglomération a célébré en début d’année 2025 les 10 ans de son Pôle Culturel Chabran. Fermement décidée à irriguer de Culture l’ensemble de son territoire, la collectivité a présenté il y a quelques semaines le programme de sa saison 2025-2026. Temps forts.

Il y a un an déjà, lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, le public s’extasiait devant la longue cavalcade du cheval d’argent qui remontait à toute allure le tapis roulant des eaux de la Seine, au cœur de la nuit. Si la bête mécanique a été conçue par l’Atelier Blam, l’armure de métal et de cuir de sa cavalière a, quant à elle, été imaginée par la styliste Jeanne Friot. La jeune femme fait partie d’une génération montante de créateurs et créatrices qui a entrepris de faire évoluer les mentalités d’une industrie encore très genrée, et fortement polluante. Arrivant en troisième position, derrière l’énergie et les transports, la mode est responsable d’environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, de 35 % des microfibres plastiques rejetées dans les océans et de 20 % de la pollution industrielle des eaux !

Univers textile et conscience écologique

Autant de raisons qui ont sans doute encouragé Dracénie Provence Verdon Agglomération (DPVa) à inaugurer sa saison avec l’événement Pratiques de mode – Le textile entre héritage précieux et avenir responsable, articulé autour de rencontres, d’ateliers et d’expositions. Parmi celles-ci, Regards sur le textile, la mode à tout prix ? proposée par le Musée des Arts et Traditions Populaires à Draguignan, du 12 septembre au 24 janvier. Vectrice puissante des codes et des valeurs sociétales auxquelles elle appartient, la mode se doit aujourd’hui d’interroger notre modèle de surconsommation, aux lourdes répercussions éthiques et environnementales. Face à ces enjeux, de nombreuses initiatives — économiques comme artistiques — tracent désormais les contours d’une mode plus responsable, à l’image de l’engagement des nouvelles générations. L’exposition multipliera les points de vue pour explorer l’univers du textile, porteur depuis des millénaires de précieux savoir-faire.

En parallèle, le hall du Théâtre de l’Esplanade s’habillera des clichés du photographe Jean-Luce Huré, qui a immortalisé les créations des grands couturiers et les icônes du cinéma ayant contribué, dans les années 60, à façonner une époque ultra glamour, à travers de multiples collaborations auprès de la Presse mondiale (The New York Times, Newsweek, Der Spiegel, Vogue France…). Tandis que le Musée Honoré Camos de Bargemon accueillera les photographies et les travaux autour de la broderie de l’artiste et oléicultrice Noémi Koxarakis.

Un coup d’envoi qui donne le ton de cette nouvelle saison, car « dans nos équipements culturels, on débat, on réfléchit, on s’enchante, on rit, on se questionne et on avance. Unis, nous construisons l’avenir d’un territoire durable« , rappellent d’une même voix Richard Strambio, Président de DPVa, et Nathalie Perez-Leroux, déléguée à la Culture.

Une saison dense et foisonnante, qui promet 24 expositions, 12 rencontres avec des artistes, auteurs et spécialistes de la Culture, 12 projections (fictions et documentaires), 76 ateliers, 59 concerts et représentations théâtrales ou chorégraphiques, 21 conférences, et 21 auditions d’élèves du conservatoire.

La vie en rose

Autre moment fort — et patrimonial : l’hommage rendu à Édith Piaf, à l’occasion du 110e anniversaire de sa naissance. Du 4 avril au 27 juin, la Chapelle du Bon Pasteur et le Conservatoire présenteront une double exposition : d’un côté, une collection de documents, vêtements et vidéos rares de « la Môme », accompagnée de collages d’Éléonore Dadoit Cousin ; de l’autre, des couvertures de magazines, extraits d’articles, pochettes de disques… La chanteuse emblématique, dont de nombreux titres ont rejoint le patrimoine de la chanson française, sera également célébrée lors d’une projection de films inédits dévoilant son intimité (7 avril), ou encore d’une soirée musicale programmée pour la Nuit des Musées (16 mai).

Au-delà de cet hommage, le Conservatoire découpe à nouveau sa saison en plusieurs cycles : Autour de la musique romantique (novembre), avec un concert de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon ; Noël dans la Provence de Marcel Pagnol (décembre) ; Autour de la musique de film (février), avec une masterclass et un concert de Prisca Demarez, voix chantée de la Reine Iduna dans La Reine des Neiges 2 ; et Autour du jazz (mai), avec notamment la venue de Laurent Blanquart, figure de la guitare classique française.

Le conservatoire ouvre aussi cette saison un atelier de danse inclusive, en partenariat avec le foyer Font Clovisse qui vient en aide aux personnes en situation de handicap. L’objectif : imaginer des propositions artistiques dans les lieux d’art et de culture. Un spectacle Handidanse est déjà programmé, en partenariat avec Théâtres en Dracénie, lors du festival L’ImpruDanse, le 1er avril 2026.

Lancement du Médiabus

Du côté du réseau de médiathèques, plusieurs évènements notables sont également au programme, comme Écrire, de mère en fille (5-6 novembre), avec Marie-Aude Murail, grande plume de la littérature jeunesse. Une saison noire (du 5 novembre au 21 janvier) sera pour sa part dédié aux passionnés d’enquêtes, avec notamment un Apéro polar de la Cie des Hommes : une adaptation du roman La petite écuyère a cafté de Jean-Bernard Pouy, en forme de feuilleton radiophonique totalement décalé. Et bien entendu, le traditionnel Les Enfants Terribles (4 au 11 juin) se chargera de promouvoir la culture auprès de la toute petite enfance. Sans oublier l’invitation de plusieurs autrices, qui ouvriront les portes de leurs univers, telles Delphine Perret et Gaëlle Alméras.

Enfin, la présentation de cette nouvelle saison a marqué le lancement du Médiabus, dispositif itinérant destiné aux communes de la Dracénie dépourvues d’équipements culturels. Cette médiathèque mobile propose un fonds documentaire de 1500 titres (tout public) et des animations culturelles régulières, afin de rapprocher la culture des habitants des zones rurales ou éloignées des centres urbains.

Retrouvez tous les détails, dates et lieux, de cette pantagruélique programmation sur le site officiel culture.dracenie.com.

Dès sept, lieux divers, Dracénie Provence Verdon Agglomération. Rens: culture.dracenie.com

photo: Le Médiabus de la DPVa et son équipe © Francis Vauban