OPMC : une ode à la joie

OPMC : une ode à la joie

« La saison 25-26 sera ma dernière à l’OPMC et sera l’occasion de vous présenter l’aboutissement final de notre travail. (…) Je crois, comme chaque année, que le choix des merveilleux chefs d’orchestre et solistes qui se produiront durant cette saison confirme la place de l’OPMC parmi les grands orchestres du monde. » Voilà, c’est fini… Kazuki Yamada, directeur artistique et musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo depuis 2016, quittera ses fonctions à l’issue de cette saison 2025-2026, qu’il a voulu telle une « Ode à la joie« .

Pas d’apitoiement ni de fatalisme, ce départ est un choix assumé, heureux, pour Kazuki Yamada qui estime avoir « mené à bien de nombreux et ambitieux projets« . Sous sa houlette, l’institution monégasque créée en 1856, reconnue pour à sa capacité à conjuguer tradition et modernité, a encore su évoluer, renouvelant son image, ainsi que les propositions faites au public, en programmant toujours plus de nouveautés. 

Un nouvel artiste en résidence 

Parmi celles-ci, l’accueil chaque saison d’un musicien en résidence. Après les frères Lucas et Arthur Jussen, l’OPMC invite le lauréat du XVe Concours international Tchaïkovski, Pablo Ferrández, considéré par Le Figaro comme le « nouveau génie du violoncelle« . Le musicien espagnol s’est produit plusieurs fois avec l’OPMC. C’est d’ailleurs lors d’une prestation à Monaco qu’il a « tapé dans l’œil » du directeur musical : « Quand je me suis produit avec lui pour la première fois à Monaco en 2024, j’ai été totalement captivé par son jeu et lui ai proposé aussitôt l’invitation de devenir notre Artiste en résidence la saison suivante. Non seulement il possède une technique exceptionnelle, mais ses interprétations profondément émouvantes apporteront de la joie et des « vitamines » au cœur des auditeurs.« 

Pablo Ferrández — qui joue sur le Stradivarius Archinto 1689, généreusement prêté à vie par un membre de la prestigieuse Stretton Society — ouvrira la saison de l’OPMC, le 21 septembre, avec des poèmes symphoniques de Saint-Saëns (Phaeton) et Strauss (Don Quichotte). Puis il interprétera, le 16 janvier, un programme de musique de chambre, autour de Beethoven et Brahms, accompagné de sa sœur Sara Ferrandèz, altiste tout aussi surdouée — quelle famille ! —, le violoniste arabo-israélien Yamen Saadi et la très jeune pianiste russo-arménienne Eva Gevorgyan.

Une saison d’hommages

Durant cette saison, quatre hommages à des compositeurs seront rendus. Deux d’entre eux ont déjà reçu les louanges de l’OPMC en 2024-2025 : Dmitri Chostakovitch, pour les 50 ans de sa disparition, et Maurice Ravel, né il y a tout juste 150 ans. Tous deux ont été honorés par l’immense pianiste Martha Argerich, et le seront à nouveau cette saison, notamment par l’intermédiaire de chefs comme Mikhaïl Pletnev, Stanislav Kochanovsky ou Alondra de la Parra.

En 2026, l’OPMC commémorera par ailleurs les 200 ans de la mort du compositeur Carl Maria von Weber, pionnier de l’opéra romantique allemand, et auteur de deux concertos pour clarinette parmi les plus virtuoses, dont l’un résonnera le 15 février, grâce à Pierre Genisson, accompagné de quatre autres musiciens.

On célèbrera aussi, lors de trois concerts, les 150 ans de la naissance du compositeur espagnol Manuel de Falla, dont les œuvres rendent souvent un hommage à sa terre natale. Parmi elles, La Vida breve, drame lyrique qui fit vibrer les trompettes de la renommée pour le compositeur ibérique, sera en partie (Interlude et danse) interprétée le 12 avril 2026, par la violoniste Clara-Jumi Kang, le Chœur de chambre 1732 et l’OPMC, placés sous la direction du grand Charles Dutoit.

Mozart, encore et toujours !

Pour sa 5e édition, plus courte qu’à l’accoutumée en raison d’une tournée de l’orchestre monégasque en Espagne fin janvier, le festival Mozart à Monaco affichera seulement trois concerts. Le Happy Hour Musical du 20 janvier permettra d’entendre des sérénades pour octuor à vents par les solistes de l’orchestre, qui partageront un moment d’échange et de partage avec le public à l’issue du concert. Le 22 janvier, Daniel Lozakovich et David Fray proposeront un programme, tout en finesse, de sonates pour violon et piano de Mozart, Bach, et Beethoven avec la célèbre sonate dite À Kreutzer. En point d’orgue, le 24 janvier, un monument : le Requiem ! Deux spécialistes du répertoire, la soprano Emöke Baráth et la mezzo-soprano Anna Lucia Richter, accompagnées du Coro del Friuli Venezia Giulia, et de l’orchestre sous la direction de Kazuki Yamada, interpréteront l’œuvre inachevée, entourée de légendes, d’un compositeur mort à seulement 35 ans, dans le dénuement et la maladie. Cette partition composée en 1791, alors que le grand Wolfgang était persuadé d’avoir été empoisonné, est parfois considéré comme son propre Requiem, son œuvre testamentaire.

La der’ de Kazuki Yamada

Au total, près d’une trentaine de concerts symphoniques jalonneront cette saison 2025-2026, dont deux ciné-concerts en partenariat avec l’Institut Audiovisuel de Monaco (Chantage d’Alfred Hitchcock et La La Land de Damien Chazelle) plus deux rendez-vous jeune public (Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski et Les fables de la Fontaine). Des dates auxquelles s’ajoutent 5 concerts de musique de chambre et 8 récitals avec des pointures de la scène internationale, parmi lesquels Matthias Goerne et Maria João Pires, réunis le même soir le 8 octobre, mais aussi Fatma Saïd, Malcolm Martineau, Evgeny Kissin, Mikhaïl Pletnev, Elisabeth Leonskaja, Arcadi Volodos, et Vsevolod Zavidov, pianiste russe de tout juste 20 ans, lauréat en 2024 du prix UBS Jeunes Solistes décerné à Lucerne. Kazuki Yamada dirigera, quant à lui, son dernier concert le 14 juin 2026. Le programme ? La Neuvième symphonie de Beethoven « pour rappeler le message de cette œuvre : nous sommes tous frères et sœurs, et le monde doit vivre en paix. » Une belle façon de dire au revoir.

Dès le 21 sep, Auditorium Rainier III & lieux divers, Monaco. Rens: opmc.mc

photo: Kazuki Yamada © Sasha Gusov OPMC