21 Juil Vira Soleu : un manifeste sonore
Troisième édition pour le Festival Virasoleu, dédié aux nouvelles musiques traditionnelles, qui se déroulera dans son antre de Coaraze, les 23 et 24 août prochain.
« Et dire qu’au départ c’était pour plaisanter… C’est vrai que ça nous faisait bien rire de promettre un festival de nouvelles musiques traditionnelles, comme si nous pouvions exiger du passé qu’il se précipite dans l’actuel. » Et pourtant ! Le festival Vira Soleu est devenu au fil de sa courte existence un rendez-vous très sérieux — mais loin d’être solennel — pour celles et ceux qui aiment entendre souffler l’esprit des traditions sur des rythmes on ne peut plus vivants, dans l’un des rares villages à résister vaillamment et fermement au mainstream ordinaire, pour défendre un art où modernité et tradition fusionnent.
Le festival s’ouvrira avec Clameurs, duo barré et hypnothique formé par Jean-Christophe Bournine (contrebasse) et Sarah Procissi (oud, synthés), qui déploie une matière sonore tantôt acoustique, tantôt amplifiée, entre élégance et rugosité, rêve et révolte. Leur succèdera Legendàri, formation polymorphe dont l’instrumentarium révèle les légendes du Pays d’Arles dans une esthétique pop-trad électro, où les instruments anciens rencontrent les machines. Pour clore la nuit : le quintet de percussions et voix 100% féminin, Poplitê, s’inspirera du coco du Nordeste brésilien pour transformer la scène en bal tout aussi engagé que poétique.
La journée du dimanche, davantage tournée pour les familles, débutera avec un spectacle de marionnettes de la Cie Kid’Am, avant que le trio vocal occitan Albada ne fasse vibrer l’église du village avec ses polyphonies inspirées des deux versants des Pyrénées. Et comment ne pas terminer avec un balèti ?! Ils sont quatre, ils sont de Montpellier, mais mêlent chanson en niçois, groove occitano-brésilien et musiques trad’. La Tremoulina bouclera l’affaire à coup de farandoles, de polkas, de mazurkas et autres baiaos dans une transe collective plus que bienvenue. À Vira Soleu, on n’imite pas le passé : on le transforme, on le bouscule, on le prolonge. Viva lo pantais !
23 & 24 aoû, Coaraze. Rens: FB Vira Soleu
photo : Festival Vira Soleu 2024 © FB Vira Soleu