10 Sep À l’abordage !
Tel est le titre du temps fort qui célèbre l’ouverture de la saison 2025-2026 de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté. Au programme : une salve de spectacles, des ateliers et une journée famille pour lever l’ancre et voguer vers une nouvelle aventure culturelle avec, toujours à la barre, son iconique Capitaine Charles Berling.
Du 30 septembre au 8 octobre, les scènes du Liberté et de Châteauvallon vibreront au rythme de ce temps fort de la rentrée culturelle. Parmi les propositions attendues, deux d’entre-elles ont retenu notre attention pour leur capacité à faire dialoguer prouesse physique, poésie et engagement sociétal : Face aux murs et Post-Panamax.
Enjamber les frontières
Qu’on se le dise : les murs ne sont pas faits que de béton. Qu’il soit technologique, culturel, social, religieux, mental… « le mur est en chacun de nous ce qui semble insurmontable« , explique le chorégraphe et artiste circassien Damien Droin. La compagnie toulonnaise Hors Surface a choisi d’en faire le matériau de son spectacle Face aux murs, qui offre une réflexion sur les fractures de nos sociétés, la quête de liberté, et la force du collectif. Deux trampolines, un mur de plexiglas, six acrobates : sur scène, chaque saut, chaque rebond, traduit la contrainte autant que la possibilité d’échapper à la gravité. Au-delà de l’image spectaculaire, une métaphore limpide : que faisons-nous de nos obstacles ? Les subissons-nous ou apprenons-nous à les surmonter ? Notez que la représentation du 30 septembre sera traduite en langue des signes, comme un clin d’œil appuyé à l’idée d’ouverture.
Danser les flux planétaires
À l’instar de son compère, quand Frank Micheletti, chorégraphe et capitaine de Kubilai Khan Investigations, s’intéresse à la société contemporaine, c’est rarement pour lui passer la pommade. Avec Post-Panamax (du nom de ces navires-porte-conteneurs si grands qu’ils ne peuvent emprunter le canal du Panama), il interroge l’ère des flux planétaires, « la danse mécanique des marchandises » : les cargos géants qui sillonnent les mers, les réseaux logistiques qui façonnent nos vies, les algorithmes invisibles qui guident nos gestes quotidiens… Au plateau, cela se traduit par une danse percutante, inspirée du popping, style à la croisée du funk et du hip-hop. La pièce ne juge pas, elle expose la beauté des rythmes comme la violence sourde d’un système qui nous engloutit, pour évoquer la cadence épuisante des logiques marchandes. Une danse de notre temps, à l’image de nos propres aspirations, entre vertige et excitation.
Une fête collective
Puis, au-delà de ces deux manifestes poétiques — complétés par Oculta (Cachée en espagnole) du Collectif Ô 77, qui convoque trois danseurs.euses et un batteur, puis Il faudra que l’on s’aime, pièce d’Alexandra Cismondi, présentée en milieu de journée pour offrir une respiration artistique suivie d’un repas bio et local —, À l’abordage ! déploiera des rendez-vous conviviaux, lors d’une journée en famille, ponctuée d’ateliers (danse, photo, magie…) et conclue par un bal participatif imaginé par le danseur et chorégraphe Christian Ubl.
Plus que jamais fidèle à ses convictions, la Scène nationale invite à faire de l’ouverture de saison une expérience partagée, où tout un chacun pourra trouver son port d’attache.
Face aux murs, 30 sep & 1er oct • Post-Panamax, 1er au 3 oct • Journée famille, 4 oct • Oculta, 7 & 8 oct • Il faudra que l’on s’aime, 7 oct. Théâtre Liberté, Toulon – Châteauvallon, Ollioules. Rens: chateauvallon-liberte.fr
photo: Face aux murs © Christian Varlet