Mystérieuses profondeurs

Mystérieuses profondeurs

Jusqu’au 28 septembre, le photographe français Laurent Ballesta présente l’exposition Mers et Mystères, au Musée de la Photographie Charles Nègre à Nice, dans le cadre de la Biennale des arts et de l’océan – La Mer autour de nous.

Bien que nous soyons plus de 8 milliards sur Terre, les mers et océans demeurent, pour la plupart d’entre nous, emplis de mystères. Laurent Ballesta, lui, ne fait pas partie de cette majorité : il est de ceux qui explorent et documentent les secrets marins. Biologiste de formation, naturaliste par vocation, plongeur par passion, il a longtemps accompagné Ushuaïa Nature en tant que conseiller scientifique. Mais c’est surtout dans les profondeurs marines qu’il a forgé sa légende : on lui doit la toute première photographie du mythique cœlacanthe dans son milieu naturel, ce « fossile vivant » vieux de 400 millions d’années ! Couronné à plusieurs reprises de la palme d’or au Festival mondial de l’image sous-marine, publié dans les pages de National Geographic ou de Terre Sauvage, il reste à ce jour le seul photographe au monde à avoir remporté deux fois le prestigieux Wildlife Photographer of the Year.

53 clichés en immersion

À Nice, le photographe montpelliérain nous entraîne, à travers 53 clichés, dans trois univers distincts : sous les glaces de la mer d’Adélie, dans un atoll du Pacifique où des milliers de mérous se rassemblent pour leur ballet de reproduction — attirant plus de 700 requins dans la nuit —, et enfin dans les profondeurs de La Planète Méditerranée

Ses images dépassent la simple documentation : elles interrogent l’esthétique, les formes, les mouvements et le sensoriel. Abstraites et poétiques, elles révèlent une fluidité immobile, une réalité silencieuse et intemporelle, où les couleurs traduisent à la fois la subtilité et la fascination du monde marin.

Attendez-vous à des images inédites ! Laurent Ballesta est en effet le seul à avoir rapporté des clichés de profondeurs encore inexplorées, comme ceux réalisés en 2007 à près de 190 mètres au large de Nice. Un record. Ces explorations ont exigé des conditions extrêmes : plus de 28 jours passés à 120 mètres de fond dans un module pressurisé, 3000 heures de plongées de nuit étalées sur 4 ans, et près de 85 000 déclenchements pour immortaliser les chasses tourbillonnantes des 700 requins de la passe de Tumakohua, dans le Pacifique.

Des efforts qui auront abouti à cette exposition hors norme, qui nous ouvre les yeux sur une vie marine foisonnante et éblouissante. De quoi, espérons-le, bousculer bien des préjugés sur les mers et océans.

Jusqu’au 28 sep, Musée de la photographie Charles Nègre, Nice. Rens: museephotographie.nice.fr

photo: La face cachée de l’iceberg, Terre Adélie, -5 m © Laurent Ballesta, Prix Wildlife Photographer of the Year Earth Environment Category, 2017