10 Sep Watt’s up Stockfish ?
Le Stockfish attaque sa rentrée avec la détermination d’un étudiant en prépa et la sagesse d’un retraité. Les grandes vacances c’est bien sympa, mais à un moment, faut bien faire péter les watts à nouveau. En ce début de saison, la scène niçoise accueille entre autres Shaârghot et Étienne de Crécy. Eh ouais.
Mais Jamy, c’est qui Shaârghot ? Alors, Shaârghot est un groupe de métal indus. C’est donc intrinsèquement un peu bizarre. Ils débarquent avec masques métalliques, peintures noires, lumières stroboscopiques et musiciens transformés en « shadows », silhouettes inquiétantes qui entourent le chanteur et créateur du groupe, Étienne Bianchi. Ça fait déjà une dizaine d’années que la formation s’impose comme l’un des plus singuliers de la scène française, en construisant une sorte de mythologie post-apo, à l’esthétique cyberpunk, où chaque concert ressemble à un rituel, mais sans sacrifice humain (jusqu’à présent). Musicalement, le projet s’inspire autant de Rammstein que de Ministry ou Prodigy : riffs de bourrin, beats électro martiaux, refrains scandés comme les discours d’Emmanuel Macron en meeting… Leur dernier album Volume III : Let Me Out a confirmé cette identité à la frontière du metal industriel et de l’electro-punk. En live, Shaârghot ne se contente pas de jouer : il transforme la salle en décor de film, et le film en question n’est pas une gentille comédie. Qui a dit que la filière industrielle était morte en France ?
Quelques jours plus tard, place à un poids lourd dans un tout autre domaine : Étienne de Crécy. Il ne faut pas s’arrêter à son patronyme qui fleure bon l’aristocratie, ni à son origine de Versailles, on a aucune info fiable sur son ascendance. D’ailleurs, la chanteuse Amandine du 38 n’était pas noble, donc pas de conclusion hâtive. Depuis Super Discount dans les années 90, Étienne de Crécy incarne l’histoire vivante de la French Touch. Mais loin de se reposer sur son héritage, il revient aujourd’hui avec un projet surprenant, Warm Up. Ici, les beats ralentissent, la place est faite aux voix et aux chansons, mais le groove reste intact. En invitant une palette d’artistes venus d’horizons variés (Peter Von Poehl, Damon Albarn, Caroline Rose…), le pape de Versailles démontre qu’il n’y pas d’âge pour se réinventer, tout en gardant ce mélange subtil de rigueur électronique et d’élégance pop. Allez Étienne, tiens-le bien.
Upsilone, 13 sep • Shaârghot, 26 sep • Etienne de Crécy, 4 oct. Le Stockfish, Nice. Rens: stockfish.nice.fr
photo: Shaârgot © Rémy Grandroques