We Cannes be heroes

We Cannes be heroes

Le Grand Auditorium du Palais des Festivals accueille l’Orchestre national de Cannes pour son ouverture de saison. Dit comme ça, on reste dans du classique, certes. Sauf que cette fois, il reprend David Bowie. Et qui pourrait reprocher à qui que ce soit de jouer du Bowie ?

« Mais… il est pas mort, Bowie ?« , s’étonneront certains en entendant parler du concert. Hélas oui, ce grand Monsieur est retourné poussière. Mais ce n’est pas une raison pour cesser de faire vivre sa musique. Imaginez si on avait rangé Mozart ou Maurice Chevalier au placard après leur disparition ! Et puis, de toute façon, tous les grands rockeurs passent un jour par la case « orchestre symphonique » : ça claque un max. Metallica l’a fait, tout le monde doit le faire. Point.

Le concept a vu le jour à l’Opéra de Saint-Étienne en 2018, sous l’impulsion de Ludovic Chazalon, directeur artistique du festival RhinoJazz. Le principe ? Dépouiller Bowie de son vernis rock originel — ça peut faire peur, mais en vrai ça marche — pour replacer ses chansons dans la clarté d’un orchestre symphonique. Sous la direction d’Éric Varion, avec des arrangements signés Vincent Artaud, les partitions restent fidèles aux mélodies tout en enrichissant l’harmonie grâce à quelques instruments supplémentaires. Pas de batterie furieuse, pas de guitares saturées : l’accent est mis sur les cordes, les vents et les cuivres, histoire de faire résonner autrement une musique que vous pensiez connaître par cœur.

Pour incarner ce projet, il fallait des voix solides : ce seront Hugh Coltman, crooner anglais au timbre chaud, et Krystle Warren, artiste américaine à l’aise aussi bien dans la soul que dans le folk. Ensemble, ils revisitent des standards comme Space Oddity, Heroes, Life on Mars?, Let’s Dance ou Ziggy Stardust.

Alors oui, le premier réflexe des puristes peut être de s’indigner à l’idée de toucher à l’œuvre de Bowie. Mais n’oublions pas que le Thin White Duke a toujours aimé brouiller les frontières : rock, pop, soul, funk, électro, jazz… Pour un peu, il aurait pu tenter la tecktonik dans les années 2000 s’il n’avait pas déjà raccroché avec les excès.

21 sep, Grand Auditorium – Palais des Festivals, Cannes. Rens: orchestre-cannes.com

photo: Bowie Symphonic ©Mick Rock