Engagez-vous, qu’ils disaient !

Engagez-vous, qu’ils disaient !

Depuis 5 ans, les Rencontres Débats – l’un des volets des Rencontres de Cannes – s’inscrivent comme un des temps forts dans la saison de Cannes Université. Fidèle à sa vocation de rendre la culture accessible à tous, et à son slogan Apprendre tout au long de la vie !, l’association propose, fin novembre, deux journées de réflexion et de partage d’expériences, autour d’un thème on ne peut plus universel : L’engagement.

Quelque soient nos convictions, notre condition, notre manière de vivre, nous devons avancer, prendre des décisions, agir… Mais qu’est-ce qui nous y pousse ? Quelle est le moteur de notre(nos) engagement(s) ? Qu’il soit artistique, professionnel ou citoyen, quelles formes prend-il ? Deux jours durant, une douzaine d’intervenants d’horizons multiples confronteront leurs points de vue à l’occasion des Rencontres Débats 2025, les 28 et 29 novembre à l’Espace Miramar.

L’engagement de l’artiste 

« Certains me voient trop radical, les autres me trouveront ridicule, en révolte depuis l’école et jamais de ceux qui reculent« , chante Reuno dans l’excellent titre La machette, extrait du dernier album de Lofofora, groupe ô combien engagé socialement et politiquement. Quelques semaines après la sortie de l’opus, certaines personnes critiquaient sur les réseaux sociaux le fait que leur prestation au Hellfest avait été trop… politique. Je leur rétorquerais bien que connaissant les penchants du groupe, il ne fallait pas se rendre à leur concert – mais ceci est un autre débat. En France, plus qu’ailleurs, la notion d’engagement des artistes est un sujet à polémiques. On aime les artistes qui ont des choses à dire, mais selon le contexte (comme une période d’élection), on va leur reprocher d’être trop exclusifs, voire partisans…

C’est autour de cette notion d’engagement de l’artiste que sera consacrée la première journée de l’événement cannois, le 28 novembre. Et ce n’est pas le domaine de la musique, mais celui de l’art qui servira de base à la réflexion. L’historienne de l’art Gaïdig Lemarié ouvrira le débat en évoquant les positions de Marc Chagall, Fernand Léger et Pablo Picasso, artistes qui, face aux bouleversements du XXe siècle, ont trouvé dans la création une manière d’exprimer l’indignation et de défendre la liberté.

Le plasticien cannois Grégory Berben, connu pour son travail sur la mémoire et l’inclusion, présentera quant à lui son projet Histoires de vie, hommage à des parcours de résilience et de solidarité. Tandis qu’Alexandre Gurita, directeur de la Biennale de Paris, interrogera le sens même de la création à travers son concept d’art invisuel, un engagement de toute une existence plus qu’une production d’œuvres. Et pour illustrer ces idées, la comédienne Alexandra Vandernoot offrira, en soirée, une lecture théâtralisée de textes sur l’engagement.

L’engagement, un métier ? 

Le samedi matin, le colloque explorera la notion professionnelle, voire sacerdotale, de l’engagement. L’amiral François Guichard, ancien commandant de sous-marins, s’appuiera sur son expérience pour distinguer implication et engagement, en invitant à une réflexion sur la responsabilité et la constance. Et la journaliste Éloïse Maillot-Nespo, auteure de Quand on devient aidant familial, partagera le récit intime et collectif d’un engagement quotidien : celui des millions de personnes qui accompagnent un proche malade ou dépendant.

L’engagement de la jeunesse 

Enfin, le samedi après-midi sera consacrée à ceux qui incarnent le futur de notre société : les jeunes. Martin Hirsch, président de l’Institut de l’Engagement, rappellera que loin d’être désabusés, de nombreux jeunes s’investissent dans des actions solidaires ou écologiques, véritables antidotes à la résignation. La militante Caroline Span, cofondatrice de l’ONG À Voté, questionnera la place des jeunes dans la démocratie et leur capacité à redonner sens à la participation citoyenne. Puis, les ingénieures Agathe Billon et Lisa Calderari clôtureront les débats avec leur aventure Soroots, un voyage à vélo à la rencontre de femmes pionnières de l’agroécologie en Europe. À travers leur regard féministe sur la transition agricole, les deux femmes rappellent que l’engagement peut aussi se vivre les mains dans la terre.

Avec cette nouvelle édition, Cannes Université réaffirme sa mission : créer des ponts entre les générations et les disciplines. A l’image des nombreux rendez-vous proposés tout au long de l’année, l’engagement y est ici abordé non comme un devoir moral, mais comme un moteur d’humanité.

28 & 29 nov, Espace Miramar, Cannes. Rens: cannes-universite.fr

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