05 Nov Gojira, foudre du metal
On les attendait depuis des années… Gojira sera en concert dans la région, début décembre, à Nice et Marseille. Et put***, je peux vous dire que j’y serai !
26 juillet 2024. Près de 25 millions de Français, et 5 milliards de téléspectateurs à travers le monde, sont devant leur télévision lorsque résonne Ah ! Ça ira, hymne révolutionnaire, à l’occasion de la mémorable cérémonie d’ouverture des JO de Paris. Sous la pluie, sur les bords de Seine, perché sur la façade de la Conciergerie, c’est le groupe de métal Gojira qui officie, accompagné d’un orchestre, d’un chœur et de la mezzo Marina Viotti. Cette rencontre improbable entre riffs puissants et chant lyrique impressionne le grand public, peu habitué à ce genre de sonorités. « Nous avons pris cela comme une opportunité de représenter la scène metal », expliquait Joe Duplantier, chanteur et guitariste du groupe, au magazine Rolling Stone, surpris par la proposition de Thomas Jolly de participer à un tel événement. « Nous avons donc décidé d’y aller à fond, avec une double pédale de grosse caisse, des cris, des moments épiques et une rupture de tempo à la fin ; nous voulions vraiment montrer ce qu’est le métal. À notre grande surprise, le comité a accepté tout ça ! » C’était la première fois qu’un groupe de metal se produisait dans le cadre d’une cérémonie olympique, genre de rendez-vous qui accueille habituellement des artistes pop ou variété.
Si ce nom est désormais connu hors de la sphère métal, le quatuor originaire des Landes n’est pourtant pas novice. C’est en 1996 que les frères Joe (chant, guitare) et Mario Duplantier (batterie) s’associent à Christian Andreu (guitare) et Jean-Michel Labadie (basse) pour bâtir un son au départ death metal technique, s’ouvrant au fil des albums à des sonorités progressives, avec un état d’esprit marqué par une sensibilité écologiste et une dimension spirituelle. Leur 3e album From Mars to Sirius (2005) – album-concept autour des problèmes environnementaux, qui raconte l’histoire de la résurrection d’une planète morte et d’une quête intergalactique – les propulse alors sur une autre planète, et le titre Flying Whales, d’une durée de 7 min 44, est un condensé du son Gojira de l’époque.
En 2016, l’excellent opus Magma marque un nouveau tournant : la machine s’emballe, la France devient trop petite, et les États-Unis offrent un nouveau terrain de jeu. Joe et Mario installent leur Silver Cord Studio à New York et le groupe est nommé pour la 1e fois aux Grammy Awards.
Étiqueté « écolo », Gojira poursuit son combat pour la planète, pour les océans, pour un avenir moins destructeur dans son dernier opus Fortitude (2021). Chose rare pour un groupe de « musique extrême », le combo est alors invité sur le plateau de l’émission grand public, Quotidien ! L’année suivante, il sort le single Our Time is Now : « Cette chanson s’adresse à tous les combattants qui apportent de la lumière dans un monde sombre. […] Si vous défendez une cause, si vous faites preuve de compassion et de solidarité envers ceux dont les droits sont bafoués, si vous êtes en guerre pour défendre vos droits inhérents ou si vous luttez contre la déforestation, si vous défendez les droits des animaux, les droits de l’homme, vous êtes l’éclair, l’étincelle qui façonnera notre monde. Votre heure est venue ! Notre heure est venue !« , déclare alors le groupe.
Il y a quelques semaines, lors des toutes premières Foudres (sorte de Victoires de la musique métal), Gojira recevait la Foudre du meilleur live pour leur concert au dernier Festival de Carcassonne, ainsi qu’une Foudre d’honneur pour « saluer une contribution exceptionnelle à la scène metal« . Et ce, quelques mois après avoir triomphé aux Grammy Awards : meilleure prestation metal pour leur interprétation… lors de la cérémonie d’ouverture JO de Paris. On attend le 8e chapitre de leur histoire (à paraître dans les prochains mois) avec impatience !
6 déc, Le Dôme, Marseille. Rens: dome.marseille.fr
8 déc, Nikaia, Nice. Rens: nikaia.fr
photo : Gojira© M1A