Le chant des migrations

Le chant des migrations

Un dialogue délicat et captivant entre un instrumentiste au sommet de son art et un auteur-compositeur orfèvre des mots. Piers Faccini et Ballaké Sissoko seront en concert en novembre à Grasse, puis en mars prochain à la Seyne-sur-Mer.

Ces deux artistes se connaissent depuis une bonne vingtaine d’années, mais ce n’est que récemment qu’ils ont commencé à se produire en duo autour d’un projet commun : Our Calling. Cet appel partagé compose une mosaïque de chansons qui évoquent toutes les formes de migrations et de vagabondages – North and South, comme le proclame l’un des morceaux : Easy come, easy go... À moins qu’il ne s’agisse de migrations plus naturelles, celles des oiseaux qui troquent l’Europe pour l’Afrique au fil des saisons, ou encore de la graine qui part féconder au hasard.

Cette fresque poétique, intime et généreuse repose sur une vieille amitié et le tissage de deux héritages musicaux bien différents. Piers Faccini, anglo-italien, s’inscrit dans la tradition des folksingers : une voix délicate, rêveuse et légèrement voilée, qui raconte des histoires sur des mélodies simples et mémorables. Son romantisme reste toujours élégant, celui d’un dandy à peine désabusé. Ballaké Sissoko, lui, joue de la kora, cette grande harpe-luth ancestrale, l’un des instruments majeurs d’Afrique de l’Ouest. Fils de musicien, il apprend très tôt à faire vibrer cet outil du griot, reprenant les résonances traditionnelles tout en ouvrant ses 21 cordes à d’autres univers musicaux. On le connaît notamment pour sa complicité avec le violoncelliste Vincent Ségal, lui aussi curieux de toutes les musiques dites « du monde ».

Avec Piers Faccini, Ballaké Sissoko invente un univers de résonances grelottantes, une matière sonore qui donne à ces mélodies occidentales une couleur lointaine et un sentiment d’intemporalité.

7 nov, Théâtre de Grasse. Rens: theatredegrasse.com
7 mars, Centre culturel Tisot, La Seyne-sur-Mer. Rens: FB centrecultureltisot

photo: Ballake Sissoko et Piers Faccini © Sandra Mehl