05 Nov Photographes voyageuses
Elles s’appellent Shirley Baker, MariBlanche Hannequin, Françoise Nuñez, Agnès Varda et Sabine Weiss. Elles sont Photographes voyageuses, et leurs clichés sont visibles jusqu’au 31 janvier 2026, sur les murs de la Villa Théo au Lavandou.
Voyager, c’est franchir des frontières – géographiques et parfois intérieures. Pour ces cinq femmes, ces cinq figures de la photographie humaniste et poétique réunies à la Villa Théo, c’est aussi franchir des barrières. Car la photographie de voyage, ce n’est pas seulement une illustration par l’image d’un carnet de route, c’est un geste d’émancipation, un acte de présence au monde. Et ces cinq artistes l’ont sillonné avec curiosité et pudeur, refusant par leur démarche l’invisibilité – la leur, comme celle des autres.
Pionnière du reportage social, et l’un des premières femmes à décrocher une formation officielle en photographie, l’Anglaise Shirley Baker passa avec son mari quelques étés dans le sud de la France, notamment au Lavandou, dans les années 70 et 80. Une région alors encore relativement préservée du tourisme de masse, mais bien différente des rues de Manchester – et de sa misère – dont elle était originaire. Elle en profitait pour dégainer son appareil et photographier ce qu’elle voyait : touristes à la plage, artisans locaux… Autant de scènes de vie populaire méditerranéenne que l’on peut actuellement admirer.
MariBlanche Hannequin, pour sa part, voyageait seule et partait pour des voyages au long cours. Sans réel objectif – sauf le sien accroché à son cou –, elle a parcouru la planète, et l’Asie en particulier, d’où elle a ramené des images comme autant de témoins de l’altérité. À l’instar de Françoise Nuñez qui dévoile ici les souvenirs de ses échappées chiliennes, indiennes ou africaines. « Je ne photographie pratiquement qu’en voyage. Quand je pars, je ne pense qu’à ça. Je veux être réceptive à tout, loin d’un quotidien et d’endroits que je connais trop bien. J’aime l’inattendu, la surprise, l’émotion de la découverte. Et j’essaye de faire ressentir toutes ces émotions« , déclarait-elle quelques années avant son décès en 2021.
Des scènes de rue cubaines de la cinéaste, photographe et plasticienne Agnès Varda, et des portraits intemporels, réalisés aux quatre coins du monde par Sabine Weiss, dernière représentante de l’école humaniste, incarnée par Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat ou Brassaï, complètent le panorama de l’exposition.
Au fil des 64 clichés visibles, on découvre des Photographes voyageuses qui ont su capter la poésie de l’instant, l’intimité des visages, l’énergie des rencontres avec l’autre et l’esprit des lieux qu’elles ont arpentés.
Jusqu’au 31 jan, Villa Théo, Le Lavandou. Rens: villa-theo.fr
photo : Les étudiantes, Ira, 2005 © MariBlanche Hannequin