Anatomie d’une violence héritée

Anatomie d’une violence héritée

Inspirée par le roman Chien blanc de Romain Gary, la Cie Les Anges au Plafond a imaginé un théâtre de papier et de marionnettes qui plonge le public au cœur des États-Unis des années 60, marqués par les luttes raciales : White Dog, à découvrir à Saint-Raphaël le 20 janvier.

La marionnette est un art en mouvement, résolument innovant, qui croise par essence cirque, danse, arts plastiques, théâtre et cinéma, sans craindre d’aborder des sujets sociétaux. Depuis plusieurs années, nombre d’artistes revendiquent leur volonté de quitter les rails académiques du conte et du merveilleux enfantin pour proposer des créations à voir en famille, voire entre adultes. C’est en partie le cas de White Dog, proposé par la Cie Les Anges au Plafond, accessible dès 12 ans.

Nous sommes dans l’Amérique des années 60. Martin Luther King vient d’être assassiné et la communauté noire lutte pour ses droits civiques. Dans ce climat de tension, Romain Gary et son épouse Jean Seberg recueillent un chien abandonné. Affectueux, l’animal laisse pourtant surgir par moments une sauvagerie extrême. Commence alors une enquête pour comprendre ce qui le hante et tenter de le « guérir ».

Jeux de lumière, projections, batterie aux sonorités jazz et hip-hop, marionnettes et acteurs se conjuguent pour réécrire en direct le récit autobiographique de l’écrivain français, qui dépeint une société meurtrie et meurtrière, pleine de zones d’ombre. Particularité notable : un décor entièrement réalisé en papier, qui se métamorphose au fil des drames à l’image d’une Amérique déchirée – où quand le passé fait écho à notre présent… Un spectacle aussi poétique que politique, qui interroge la violence, la manipulation, la fraternité, et pose une question essentielle : peut-on désapprendre la haine ?

14 oct, Palais des Congrés, Saint-Raphaël. Rens: theatreleforum.fr

photo : White dog © Vincent Muteau