Au cœur du temple de la danse

Au cœur du temple de la danse

Huit représentations s’apprêtent à faire vibrer la salle des Princes du Grimaldi Forum, du 27 décembre au 4 janvier, pour une création mondiale des Ballets de Monte-Carlo attendue avec une certaine impatience : Ma Bayadère.

Afin de célébrer les 40 ans de la compagnie des Ballets de Monte-Carlo, son chorégraphe-directeur Jean-Christophe Maillot s’est plongé dans l’univers de La Bayadère pour dévoiler une nouvelle œuvre résolument à son image. Initialement créé en 1877 par Marius Petipa, ce ballet est devenu une référence du répertoire classique en raison des compétences techniques exigeantes auxquelles il fait appel. Il a pourtant fallu attendre 1992 et sa reprise par Rudolf Noureev pour qu’il rencontre véritablement son public. 

Jean-Christophe Maillot a souhaité s’en emparer à son tour, mais en se référant à la reconstitution plus récente d’Alexei Ratmansky. Il propose ainsi une version inédite conçue au travers d’une mise en abyme : dans un studio de répétition, les danseurs préparent la représentation du célèbre ballet. Pour le chorégraphe, celui-ci doit non seulement raconter une histoire, mais aussi mettre en avant une dimension humaine. Or La Bayadère réunit tous les ingrédients qui permettent d’exprimer toute une palette d’émotions les plus variées. Dans un temple hindou, les danseuses sacrées, appelées bayadères, vouent leur vie à la danse ce qui n’exclut pas pour autant les sentiments. 

Depuis de nombreuses années, le temple de Jean-Christophe Maillot est l’atelier dans lequel ses créations prennent corps, entouré de danseurs dont le quotidien est fait de rêves, d’espoirs, d’amour, mais aussi parfois de désillusions, de jalousie ou de contrariétés. Avec Ma Bayadère, c’est ce quotidien que l’on retrouve. La relecture de l’œuvre se base sur une qualité d’interprétation qui apporte une nouvelle consistance au ballet tout en révélant l’expression d’émotions au travers desquelles chacun peut se retrouver. 

La dramaturgie a quelque peu évolué, mais la partition musicale reste quant à elle celle de Léon Minkus et sera interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Garrett Keast. Les décors et les costumes ont été confiés à Jérôme Kaplan, complice de la première heure, notamment lors des créations de Roméo et Juliette ou de Cendrillon.

Ma Bayadère vient donc s’ajouter à la longue liste des grands ballets classiques que le chorégraphe a revisités. En leur apportant un nouveau regard, toujours à la fois singulier et audacieux, il a conquis les scènes du monde entier. Il apporte à chacune de ses créations une signature unique basée sur une écriture chorégraphique pour laquelle il utilise les pointes dans une vision contemporaine et la volonté d’offrir un spectacle total, une plongée dans des univers toujours réinventés. Si Ma Bayadère n’a pas encore révélé tous ses secrets, puisqu’il faudra attendre fin décembre pour la découvrir, il est certain que le mage de Monte-Carlo s’apprête à lever le rideau sur une éblouissante histoire d’amour : l’amour qu’il porte à la danse.

27 déc au 4 jan, Grimaldi Forum, Monaco. Rens: balletsdemontecarlo.com

photo : illustration Ma Bayadère © Jérôme Kaplan- Ballets de Monte-Carlo