11 Déc Bienvenue en classe verte !
On oublie le brouhaha des cris dans la cour de récré, place au chant des oiseaux et au bruit des sabots. Je suis trop vert, pièce de David Lescot, raconte les folles aventures de jeunes Parisiens à la ferme. À découvrir en janvier à Monaco, puis en mars à Nice.
Je suis trop vert est le troisième volet de la saga Moi, imaginée par David Lescot qui boucle avec panache sa trilogie sur l’adolescence. Après J’ai trop peur et J’ai trop d’amis, l’auteur, metteur en scène et musicien français nous propulse sans ménagement en pleine nature.
C’est toujours le même « Moi » sans prénom, désormais en 6e D, qui nous sert de guide, oscillant entre enthousiasme naïf et inquiétude citadine face à l’inconnu rural. Si les clichés ruraux sont dynamités, ce 3e volet est toutefois bien plus qu’une simple comédie sur les joies de la campagne. Je suis trop vert aborde des problématiques essentielles de la jeune génération : l’écologie, l’agriculture raisonnée et, plus largement, le rapport de l’homme à la nature.
Par son écriture toujours aussi vive et rythmée, David Lescot dépeint avec malice les chocs culturels : l’émoi devant le tracteur, la peur des bêtes, l’incompréhension mutuelle entre citadins et enfants du cru. Aux leçons moralisatrices il préfère l’absurde et la poésie. Ici, on rit des stéréotypes (le fermier bourru, la boue partout…), mais toujours avec bienveillance. Le regard sur l’autre, qu’il soit le campagnard un peu rugueux ou le balourd de la classe, est toujours teinté d’une belle humanité.
Sur scène, les comédiennes (Lyn Thibault, Elise Marie, Sarah Brannens, Lia Khizioua-Ibanez, Camille Bernon et Marion Verstraeten, en alternance) jonglent avec les différents rôles. Elles incarnent tantôt des professeurs, tantôt des vaches philosophes, tantôt des ados en pleine rébellion. Les dialogues rebondissent comme des balles de ping-pong et la scène se transforme en terrain de jeu géant.
Produit par la Cie Kaïros, Je suis trop vert est une véritable bouffée d’air pur, un théâtre qui amuse, émeut, mais qui pointe aussi du doigt les problématiques d’aujourd’hui et de demain.
12 au 14 mars, Les Franciscains – Théâtre national de Nice. Rens: tnn.fr
photo : Je suis trop vert © Christophe Raynaud de Lage