11 Déc Cats sort les griffes !
L’Opéra de Monte-Carlo déroule le tapis pour les fêtes de fin d’année, en programmant Cats, la comédie culte du compositeur anglais Andrew Lloyd Weber. Et pour la première fois, une horde de chats voyous, danseurs et chanteurs excentriques somptueusement dépenaillés, qui sèment la pagaille partout dans le monde depuis 44 ans, envahira la salle Garnier transformée en décharge.
Le pitch ? Les Jellicle Cats se retrouvent à la pleine lune une fois par an au Jellicle Ball, chapeautés par le vénérable Deutéronome pour élire qui aura le privilège de monter au Headviside Layer, paradis des chats, et renaitre de ses cendres. Créée à Londres en 1981, la comédie musicale des matous déchainés enthousiasme le public et tient l’affiche 19 ans avec près de 900 représentations. Triomphe à Broadway. C’est d’ailleurs la version 1981 qui sera intégralement reprise à Monaco.
Quand lui vient l’idée de Cats, Llyod Webber, 33 ans, a déjà cartonné avec Jesus-Christ Superstar et Evita. Enfant, le compositeur, né dans une famille de musiciens, découvre Old Possum’s book of Practical Cats, recueil poétique de T.S. Eliot. Sa mère lui lisait les poèmes le soir. L’adulte n’a pas oublié, et met en musique certains d’entre eux avant de les jouer au Sydmonton Festival. La veuve de T.S. Eliot est là. Elle confie des poèmes inconnus à Webber. Il capte d’emblée les ressources scéniques de ces textes dont se détache le personnage de Grizabella. Le projet Cats émerge.
Il pense à Trevor Nunn pour la mise en scène, lequel travaille avec la chorégraphe Gillian Lynne et le décorateur-costumier John Napier qui confie : « J’ai compris que le quartier mal famé dans lequel la vieille chatte Grizabella errait était un quartier de prostitution ; et qu’elle avait été mise au ban de la société. S’il devait y avoir parmi ces chats un élu pour une vie meilleure, ce serait Grizabella. » Grizabella (Lucy May Barker), belle autrefois, devenue une vieille chatte miteuse bannie de la bande, mais qui rafle la mise tous les soirs avec l’interprétation de Memory, chanson planétaire qui tire des frissons aux premières notes.
Traduit en 15 langues, lauréat de 7 Tony Awards et 2 Olivier Awards, Cats ne comprend pas de dialogues, juste les paroles des chansons et la musique de Lloyd Webber auxquelles s’ajoutent des poèmes originaux de T.S. Eliot, mis en valeur par les compositions musicales.
Coulés dans leur combinaison seconde peau en lycra, les comédiens collent au caractère félin qu’ils endossent avec une gestuelle tout en souplesse et cruauté féline. Demeter, Victoria, Rum Tum Tugger, Jennyanydots, Mr. Mistoffelees… À chaque chat un genre musical et sa danse. Refoulant leur rouerie atavique de félin, tous feignent de montrer patte blanche. Qui sera choisi ? Parce que même les chats sont en quête de rédemption. Selon un proverbe anglais : « Un chat a neuf vies. Trois pour jouer, trois pour s’égarer, et trois pour rester« …
14 au 31 déc, Opéra Garnier de Monte-Carlo, Monaco. Rens: opera.mc
photo : Cats ©Alessandro Pinna