Il ne m’est est jamais rien arrivé

Il ne m’est est jamais rien arrivé

C’est le titre de la pièce mise en scène par Johanny Bert, avec un Vincent Dedienne explorant seul sur scène les carnets d’écriture du dramaturge et metteur en scène Jean-Luc Lagarce. Une rencontre entre un comédien de talent et une écriture subversive à découvrir à Grasse, Monaco et Antibes.

Sur le plateau dépouillé imaginé par Johanny Bert, un homme, un texte, une voix. Avec Il ne m’est jamais rien arrivé, Vincent Dedienne se glisse dans le Journal de Jean-Luc Lagarce, l’un des auteurs contemporains les plus joués en France. De ces carnets – tenus du 9 mars 1977, alors qu’il n’a que 20 ans, jusqu’au 27 septembre 1995, trois jours avant sa mort des suites du sida à 38 ans – surgit le portrait d’un jeune homme drôle, lucide, traversé par le désir, la maladie et la peur de disparaître. 

La genèse du projet tient à une passion de lecteur. « J’adore les journaux d’écrivains, de Calaferte à Guibert en passant par ceux de Roland Barthes et de Jane Birkin, j’ai toujours aimé plonger dans la vie des écrivains, leur vie intime, celle qui s’écrit jour après jour, celle qui se dévoile et qui se camoufle tout à la fois, car l’on ne sait jamais si tout est vrai dans les journaux. Comme dans les romans« , confie Vincent Dedienne, qui caressait « depuis longtemps le désir de faire quelque chose au théâtre d’après les Journaux de Jean-Luc Lagarce« . 

La rencontre avec Johanny Bert, qui montait parallèlement Juste la fin du monde du même Lagarce, a fait naître un diptyque. « Durant les premières lectures en équipe, Vincent Dedienne a eu envie de prolonger notre collaboration en me proposant une adaptation du journal de l’auteur. Ainsi est né Il ne m’est jamais rien arrivé formant avec Juste la fin du monde un diptyque dont les pièces se répondent, l’une permettant d’entendre tout ce que Louis (ndlr: personnage mystérieux, sorte d’alter ego de l’auteur) ne dit pas à sa famille et l’autre de s’immiscer avec Jean-Luc Lagarce dans l’intimité familiale« , explique le metteur en scène. 

À partir de quelque 800 pages, Il ne m’est jamais rien arrivé traverse ainsi découvertes littéraires, création de la compagnie du Théâtre de la Roulotte à Besançon, rencontres amoureuses et sexuelles, et apparition du sida, « cette maladie insidieuse qui a décimé toute une génération« . Ce Journal devient alors « une photographie saisissante de cette époque, pas si éloignée de la nôtre, qui continue de nourrir les combats actuels. »

18 & 19 jan, Théâtre de Grasse. Rens: theatredegrasse.com
20 jan, Théâtre Princesse Grace, Monaco. Rens: tpgmonaco .mc
22 au 25 jan, Anthéa, Antibes. Rens: anthea-antibes.fr

photo : Il ne m’est jamais rien arrivé © Christophe Raynaud de Lage